Deperdussin-Coupe schneider                  

Deperdussin Monocoque

année 1912 Deperdussin-T

Vue d'un Deperdussin Monocoque (photo : JN Passieux, musée de l'Air et de l'Espace du Bourget) Vue d'un monoplan rapide Deperdussin Monocoque. Aéroplane de course, évolution destinée probablement aux compétitions de l'année 1914. Vue de face et de dessus de cet appareil. Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget, hall principal, mai 2022.

Le premier produit de la Société Pour les Appareils Deperdussin ayant retenu largement l'attention était le monoplace Type B apparu en 1911, l'année qui suivit la fondation de la compagnie. Doté d'un moteur rotatif Gnome de 50 ch, c'était un net et fin monoplan capable d'atteindre environ 55 mph (90 km/h), et pas moins de sept Deperdussin furent engagés dans la course Circuit d'Europe qui commença en juin de la même année. Dans cette compétition (parcours Paris-Liège-Spa-Utrecht-Bruxelles-Roubaix-Calais-Londres, et retour à Paris par Calais), la troisième place fut obtenue par René Vidart. Une variante biplace équipée d'un Gnome de 100 ch, fut présentée plus tard dans l'année, et les deux modèles devinrent populaires en France et en Grande Bretagne. Parmi les représentants britanniques les plus importants, on trouvait James Valentine (1887-1917), William Hugh Ewen (1879-1947) et le capitaine Patrick Hamilton (1882-1912), ainsi que le lieutenant John Cyril Porte (1884-1919) qui devint plus tard le pilote pour la British Deperdussin Company, firme constituée pour construire et vendre l'appareil français en Grande Bretagne.

Les bonnes performances réalisées par les Deperdussin, lors du Concours Militaire tenu à Reims, Marne, en octobre-novembre 1911, furent à l'origine de la commande de quatre appareils par le gouvernement français, et en avril 1912, un autre exemplaire fut livré à la station aérienne de la Royal Navy, à Eastchurch, île de Sheppey, Kent. Trois Deperdussin furent présentés en août 1912, lors des British Military Trials. Deux étaient de construction locale, l'un (à moteur Anzani de 100 ch), était mené par Porte, et l'autre, un modèle standard à moteur Gnome était piloté par Gordon Bell, après que son pilote d'origine, le célèbre Jules Vedrines, ait été rappelé en France. Cependant, la meilleure performance, lors des Trials, fut réalisée par Maurice Prévost dont l'avion à moteur Gnome fut récompensé d'un second prix de 2.000 livres (premier prix attribué à une machine biplan Cody). Avant le début de la Première Guerre mondiale, une petite dizaine de Deperdussin étaient répertoriés parmi le premier lot de numéros de série du Royal Flying Corps, puis cinq autres furent référencés par le Naval Wing du R.F.C. (plus tard, le R.N.A.S., Royal Naval Air Service).

Cependant, les plus remarquables appareils créés par la compagnie Deperdussin furent les monoplans monoplaces de course de 1912-1913. Fin 1911, les idées de l'aviateur suisse Eugène Ruchonnet (1877-1912), pour un fuselage profilé monocoque construit avec un revêtement en contre-plaqué moulé, furent appliquées par Louis Béchereau, (1880-1970), le concepteur d'Armand Deperdussin (1964-1924), au dessin d'un petit monoplan, qui à part son contrôle latéral par gauchissement, était une machine très avancée et d'une ligne très belle. Dans sa forme initiale, cet avion était doté d'un moteur de 100 ch formé d'un groupe de deux rotatifs Gnome de 50 ch, réunis sur le même vilebrequin, cet ensemble étant monté sous un capot semi-ouvert. Les ailes qui allaient en se rétrécissant sur le bord de fuite intérieur, avaient une envergure de 7,00 m pour une surface de 10 m2, et la longueur totale atteignait 6,25 m. Le train d'atterrissage conventionnel comprenait un train principal portant deux roues montées sur un essieu, complété d'un patin central. Dès le début, ce nouvel appareil fut remarquable, et il établit très vite de nouveaux records nationaux de vitesse sur les distances allant de 5 à 150 km (3 à 93 miles). Dans sa forme développée, avec un train principal simplifié et un moteur Gnome de 140 ch, il obtint une première récompense internationale à Chicago, Illinois, début septembre 1912, quand Védrines gagna la course comptant pour la Coupe Gordon Bennett, à la vitesse moyenne d'environ 104 mph (167 km/h). Maurice Prévost renouvela ce succès, comme pilote d'une version hydravion à deux flotteurs, en gagnant la première édition de la Coupe Schneider, à Monaco, en avril 1913. La vitesse moyenne obtenue, relativement faible, 45,75 mph (73,63 km/h), était due au fait que le pilote avait dû repartir et parcourir encore 10 km (un tour), après un premier passage de la ligne d'arrivée non acceptée par les juges (ce point était formel, puisque tous les autres concurrents avaient déjà abandonné). Un hydravion Deperdussin de construction locale fut présenté lors du salon Olympia Aero Show, en février 1913, mais la compagnie britannique, affectée sans doute par l'interdiction des monoplans par le War Office, n'allait pas bien, et fut mise en liquidation à l'automne suivant.

Le pic de la carrière de ce monoplan de course fut atteint fin septembre 1913, lorsqu'il se défendit avec succès lors de la Coupe Gordon Bennett disputée à Reims, Marne, contre un autre concurrent français, le monoplan Ponnier conçu par Louis Alfred Pagny, un développement du Hanriot de course. Le fuselage de l'appareil avait alors atteint son plus haut niveau de finesse, avec le moteur Gnome complétement couvert, un support de tête profilé en arrière du siège du pilote, et d'autres raffinements de détail. Trois Deperdussin furent engagés dans la compétition, deux avec un moteur Gnome de 160 ch, et un troisième avec un rotatif Le Rhône de même puissance. Un jour avant la course, il fut décidé de raccourcir les ailes de la machine de Prévost à moteur Gnome, de 2 pieds 1,5 pouces (0,65 m), afin d'en augmenter la vitesse, et il gagna l'épreuve à la magnifique vitesse moyenne d'environ 125 mph (200 km/h). Durant la course, le pilote battit plusieurs fois le record du mode de vitesse, et en établit un nouveau à environ 126 mph (204 km/h). Prévost fut suivi de près par Emile Védrines (le frère de Jules), à bord du monoplan Ponnier dont la vitesse moyenne fut d'environ 123 mph (197 km/h). Le parcours de la course comprenait des détours, aussi certains avancèrent l'idée que l'avion Ponnier était le plus rapide et que Prévost avait gagné grâce à son habilité à effectuer les virages. Les deux machines ne furent jamais confrontées lors d'une compétition avec parcours en ligne droite, aussi il est difficile de trancher, mais on peut penser qu'elles atteignirent toutes les deux, environ 135 mph (217 km/h), ce qui faisait d'elles, avec le Royal Aircraft Factory S.E.4, les avions les plus rapides au monde, avant le début de la Première Guerre mondiale.

Malheureusement, les succès des Deperdussin ne furent pas suivis de commandes pour une mise en production, et en août 1913, Armand Deperdussin fut arrêté pour une affaire de détournement de fonds à grande échelle. La société fut reprise en 1914 par Louis Blériot qui conserva Béchereau comme patron de la conception et renomma la compagnie, Société Provisoire des Aéroplanes Deperdussin. Les initiales furent conservées pour son successeur, la Société Pour l'Aviation et ses Dérivés, qui conçut pendant la Première Guerre mondiale, les fameux chasseurs Spad.


Source partielle : Pioneer Aircraft 1903-1914 - Kenneth Munson (ISBN 0-7137-0500-0).

DEPERDUSSIN CORSA   
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 160 ch                Gnome rotatif                                     
Envergure/Span 6,65 m     Longueur/Length 6,10 m     Hauteur/Height 2,30 m     Poids total/Weight 450 kg         
Vitesse/Speed 210 km/h             Plafond/Ceiling            Autonomie/Range                


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