Junkers-Ju 86               

Junkers Ju 87 Stuka

septembre 1935 Junkers-Ju 87g

Vue d'un Junkers Ju 87B (photo : Stuka Ju-87 Lt-Col A.J. Barker) Vue d'un avion biplace de bombardement en piqué Ju 87B en Afrique du Nord. A noter sur l'appareil, le lance-bombe ventral vide.

Les Etats-Unis et l'Allemagne, furent en particulier des promoteurs enthousiastes du bombardement en piqué, durant le fin des années 1930 et le début de la Deuxième Guerre mondiale. Un chaud partisan de ce type d'avion fut le pilote renommé Ernst Udet (1896-1941), le patron du Technische Amt du RLM (Reichsluftfahrtministerium, ministère de l'Air du Reich) à partir de juin 1936, qui avait fait acheter pour études en 1933, deux biplans de construction américaine Curtiss Hawk II (la désignation export du F11C-2 Goshawk). Udet convainquit Hermann Goering (1893-1946), patron de la Luftwaffe, de l'intérêt d'appareils d'attaque en piqué, et la précision des bombardements effectués de cette manière impressionna au début les chefs de la jeune aviation militaire allemande. Elle fut jugée pendant longtemps la meilleure, au point d'imposer cette méthode d'attaque à de nombreux nouveaux bombardiers, ce qui fit finalement perdre beaucoup de temps à l'industrie aéronautique allemande, à cause des complications et des problèmes difficilement surmontables engendrés par la formule.

Cette espèce particulière d'avion militaire fut caractérisée par le Ju 87 Stuka (Sturzkampfflugzeug), dont les lignes laides et le bruit de son moteur, frappèrent de terreur dans les cieux au-dessus de la Pologne, de la France, de la Belgique et des Pays-Bas en 1939-1940. La conception de cet appareil qui devait remplacer le biplan Henschel Hs 123 dans le rôle, était due au Dipl Ing Hermann Pohlmann et fut commencée en 1933, et le prototype Ju 87V1 effectua son vol inaugural au début de l'année 1935. Cet avion était doté d'un moteur britannique Rolls-Royce Kestrel et portait deux plans de queue verticaux de forme rectangulaire, mais le Ju 87V2 qui effectua son vol inaugural l'automne suivant, était doté d'un moteur Junkers Jumo 210A de 610 ch et était équipé d'une simple dérive, et cet appareil fut plus représentatif des appareils de production qui suivirent. Un lot de machines de présérie Ju 87A-0 fut lancée en fabrication en 1936, et au printemps 1937, les livraisons du premier modèle de production Ju 87A-1 commencèrent, puis furent suivies du globalement similaire A-2. Environ 200 appareils de la série A avaient été construites à l'automne 1938, avant l'apparition du plus modifié Ju 87B.

Ce modèle était équipé d'un moteur Jumo 211, avait une dérive plus large, des verrières de postes de pilotage revues, et les capots couvrant les jambes du train d'atterrissage principal avaient été affinés. L'armement d'un modèle B-1 comprenait une mitrailleuse MG 17 de calibre 7,9 mm dans chaque aile et une mitrailleuse défensive MG 15 en poste arrière de la cabine, et l'avion pouvait emporter une bombe de 1.100 livres (500 kg) ou de 550 livres (250 kg) sous le fuselage, et jusqu'à quatre bombes de 100 livres (50 kg) sous les ailes. Les deux modèles A et B avaient été testés en service opérationnel lors de la guerre d'Espagne dans la Légion Condor, mais au début de la Deuxième Guerre mondiale, les avions des séries A furent utilisées pour l'entrainement, et les environ 340 appareils en service opérationnel au front étaient tous des Ju 87B-1. La supériorité de la chasse allemande de la Luftwaffe assura au Ju 87 un service dans les missions comparativement interrompu en 1939-1940, et le bombardier participa activement dans les premiers temps de la Deuxième Guerre mondiale à la Blitzkrieg, mais l'opposition durant la bataille d'Angleterre (de début juillet 1940 à fin octobre de la même année) fut beaucoup plus forte, et les pertes de Ju 87 furent considérablement plus lourdes. Néanmoins, la production des séries B fut poursuivie en 1941, et un nombre substantiel de ces machines furent fournis à la Regia Aeronautica, ainsi qu'aux forces aériennes de la Bulgarie, de la Hongrie, et de la Roumanie.

La variante à long rayon d'action Ju 87R (Reichweite, distance franchissable), fut produite en parallèle des séries du B. Ce modèle était équipé de réservoirs de carburant sous les ailes, et des réservoirs largables pouvaient être montés en complément à la place des supports de bombes. La capacité en carburant d'un Ju 87B-2 était d'environ 480 litres et passait à 1.360 litres sur un Ju 87R doté de réservoirs largables, et l'autonomie progressait de 600 km à 1.800 km. A partir de 1940, cette variante put être utilisée pour mener des missions contre des bateaux, ou effectuer d'autres opérations à grande distance. Avant la guerre, quelques avions avaient été fabriqués en type Ju 87C, une version du B, équipée d'ailes repliables, d'une crosse d'appontage placée en avant de la roulette de queue, et d'autres équipements destinés à un usage naval. Cet appareil devait être embarqué sur le porte-avions Graf Zeppelin, mais ce bâtiment ne fut jamais terminé, et les quelques Ju 87C-0 servirent depuis des bases terrestres. D'autres machines prévues comme C-1 furent converties en B-2.

Après les revers subis lors de la bataille d'Angleterre, les Ju 87B continuèrent leur service en Europe centrale (invasion de la Yougoslavie et de la Grèce), en Méditerranée (Crète, Malte) et en Afrique du Nord (soutien de l'Afrika Corps de Erwin Rommel). Les développements ultérieurs et l'emploi furent principalement orientés vers l'attaque au sol, ou l'entraînement, avec d'abord le Ju 87D, puis l'avion doté de deux gros canons Ju 87G. Quand la production du Ju 87 fut arrêtée en septembre 1944, elle atteignait plus de 5.700 machines fabriquées.

Les formations de Ju 87 volaient selon le classique "quatre doigts" qui fut adopté par la Luftwaffe, avant d'être copié par de nombreuses autres forces aériennes. Les appareils étaient sur le même plan horizontal, et étaient ordonnés comme les doigts d'une main à plat, avec le cinquième appareil au centre et en tête de la formation. Cet arrangement, qui pouvait aussi être formé d'ensembles, constitués de trois machines agencées en V, et groupés entre eux suivant le même schéma, permettait aux avions de se protéger mutuellement. Une attaque en piqué assurait normalement une grande précision d'impact, puisque l'appareil tout entier était pointé vers la cible. Sans freins de piqué, la vitesse de plongée était plus élevée et nécessitait une ressource plus aplatie et commencée plus tôt, ce qui pouvait nuire à la précision de l'attaque. Avec les freins, le bombardier piquait moins vite, pouvait attendre avant de faire sa ressource, et ainsi mieux pointer son objectif. Un autre avantage était que l'équipage était soumis à un nombre de g moins élevé. La force centrifuge appliquée lors de la remontée pouvait aller suivant la configuration, jusqu'à +6g, le pilote pouvant à ce niveau, perdre connaissance pendant plusieurs secondes. Afin de prévenir ce problème, le Ju 87 (Ju 87B) avait été doté d'un dispositif automatique appelé Höhenlader, qui donnait au pilote des indications afin d'assurer une ressource correcte après un piqué prononcé. Selon le type d'objectif, le piqué pouvait être quasiment vertical (Sturzangriff), démarré à une altitude entre 2.000 et 5.000 mètres, à un angle compris entre 60 et 90°, effectué avec une pente plus modérée (Schrägangriff) débutant à une altitude de 700 à 1.500 mètres, avec un angle de 20 à 50°, ou encore démarré à basse altitude (Tiefangriff) pour lequel l'altitude ne dépassait jamais 300 mètres. Avec un faible piqué, les bombes étaient généralement lâchées en un tapis de 300 à 600 mètres de long, et la zone pouvait également être arrosée par les mitrailleuses de l'avion. Pour les attaques à basse altitude, les bombes étaient larguées individuellement ou lorsque c'était possible par deux, et elles étaient généralement équipées de fusées à retardement.


Vue d'un Junkers Ju 87A-1 pendant la guerre d'Espagne (origine : Air War over Spain - Rafael A. Permuy López) Vue d'un bombardier en piqué Junkers Ju 87A-1, code 29-2, 5.J./88, Légion Condor, employé pendant la guerre d'Espagne, côté Nationalistes. La première unité opérationnelle dotée de ce type d'avion fit ses débuts lors des combats autour de Teruel (Aragon), en février 1938, comme partie de la Stuka Kette, ou 5.J./88, de la Légion Condor. Cet appareil était habituellement mené par un équipage comprenant le Unteroffizieren Ernst Bartels (pilote) et Alfred Fleisch (opérateur radio/mitrailleur).

- En complément, tableau des principales version du Junkers Ju 87, depuis le prototype jusqu'à la version spécialisée dans l'attaque de blindés. Aussi, vue de la sirène de côté gauche fixée en haut de la jambe du train d'atterrissage principal. Ces éléments appelés parfois "trompette de Jéricho" étaient actionnés par l'écoulement de l'air pendant le piqué, et produisaient un hurlement de plus en plus strident à mesure que l'appareil se rapprochait de son objectif. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, ce son strident provoqua des mouvements de panique indescriptibles, en particulier parmi les chevaux des troupes montées, et accentua la terreur suscitée par des bombardements imprévisibles, souvent dirigés contre des trains, des ponts, des bâtiments, ou contre les réfugiés qui fuyaient devant l'armée allemande. Les attaques des Ju 87 parfois dirigées contre des civils, en particulier lors de l'exode au printemps 1940, traumatisèrent les populations fuyant la Wehrmacht sur les routes françaises. L'arrivée de formations de ces appareils se préparant à l'attaque était déjà terrifiant, et l'emploi de la sirène, inutile sur le plan technique, relevait de la guerre psychologique, et avait pour but de contribuer à saper le moral de défenseurs, et à terroriser les populations. Le bombardier en illustration faisait partie du StG 1 (Sturzkampfgeschwader 1 formé à l'automne 1939), dont l'emblème était "Le Chien Bonzo".

Source partielle : Bombers 1939-1945 - Kenneth Munson.

Ju 87B-1            
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 900 ch                Junkers Jumo 211A-1                               
Envergure/Span 13,80 m    Longueur/Length 11,00 m    Hauteur/Height 3,87 m     Poids total/Weight 4.250 kg       
Vitesse/Speed 390 km/h à 4400 m Plafond/Ceiling 8.000 m    Autonomie/Range 550 km         


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