Evènements de la guerre d'Espagne (1936-1939)

 
Principaux événements de la guerre d'Espagne en liaison avec les reportages de Robert Capa, Gerda Taro et Chim (David Seymour) :

Périodes Reportages Robert Capa, Gerda Taro et Chim (David Seymour) Evènements militaires
Avril 1935 Premier séjour de Robert Capa en Espagne.  
16 février 1936 Election du Front populaire (Frente Popular), coalition réunissant plusieurs partis et organisations de gauche.  
Avril 1936 Robert Capa et Gerda Taro partent en Espagne pour le magazine Vu. Chim (David Seymour) s'y trouve également, pour le compte de l'hebdomadaire communiste Regards.  
17-18 juillet 1936 Au Maroc espgnol, putsch du général Franco. Début de la guerre civile. Le soulèvement et les opérations militaires :
L'assassinat (13 juillet 1936) par des « asaltos » (membres de la Guardia de Asalto, Garde d'assaut) du leader de la droite aux Cortes, José Calvo Sotelo, précipite le soulèvement, tandis que le leader socialiste Francisco Largo Caballero (*) lance le mot d'ordre de « révolution prolétarienne ».

La rébellion militaire éclate au Maroc espagnol avec le soutien des troupes coloniales à la rébellion en Espagne. Les nationalistes, installés sur les deux rives du détroit de Gibraltar, peuvent faire passer en Andalousie leurs troupes, dont le général Franco prend la tête. Alors que le chef de la rébellion, José Sanjurjo (*), trouve la mort dans un accident d'avion, le général Manuel Goded contrôle Majorque et le général Gonzalo Queipo de Llano (*) s'empare de Séville.

En Espagne, l'insurrection est soutenue par la majorité des formations catholiques et nationalistes (monarchistes, requetés, Phalange). Du côté gouvernemental, Madrid compte sur la majorité de l'aviation, des forces de police et des carabiniers. L'armée républicaine est surtout constituée par les milices ouvrières du Front populaire.

Sur le plan militaire, cette guerre de 32 mois peut se diviser en quatre périodes.
Fin août - début septembre 1936 Capa sur le front d'Aragon.  
Mi-septembre 1936 Chim à Tolède (siège de l'Alcázar) Etablissement d'un front continu (1936) :
L'Espagne est rapidement coupée en deux et la répression s'abat d'un côté, sur les quartiers ouvriers (massacres de Séville et Grenade) et de l'autre, sur la bourgeoisie de droite, notamment à Barcelone, où les anarchistes vengent, surtout sur le clergé, leurs tués dans les durs combats du 19 juillet.

L'Ouest (Galice, León, Navarre et une grande partie de l'Andalousie et de l'Estrémadure) tombe aux mains des franquistes, grâce notamment aux succès des généraux Gonzalo Queipo de Llano à Séville, Juan Yagüe à Cordoue et Badajoz (14 août), Emilio Mola Vidal à Irún (5 septembre), Saint-Sébastien (13 septembre) et Oviedo (17 octobre), et des cadets de l'Alcázar à Tolède (assiégés et dégagés le 27 septembre par les troupes de Franco).

L'Est (Catalogne, Aragon, Valence et une grande partie de la Castille) demeure fidèle aux républicains, dont les armées, commandées par Vicente Rojo et José Miaja Menant, restent maîtresses de Barcelone, Madrid, Málaga, Santander,
Septembre - octobre 1936 Création des Brigades internationales. Les volontaires étrangers issus de 50 nations seront près de trente-cinq mille à s'engager du côté républicain. Quinze mille mourront au combat.  
Janvier - février 1937 Chim au Pays basque, ou l'Eglise catholique soutient le camp des républicains. Bataille d'Oviedo. Reportage chez les mineurs des Asturies. Capa et Taro à Madrid.  
26 avril 1937 Bombardement de Guernica par l'aviation allemande (Légion Condor).  
Fin mai - début juin 1937 Capa et Taro ensemble sur le front de Ségovie.  
Juillet 1937 Bataille de Brunete : tentative pour désenclaver Madrid. Le 24, Gerda Taro, sur le marchepied d'une voiture, est heurtée par un char. Elle meurt deux jours plus tard à l'hôpital. Liquidation des poches nord et sud par les nationalistes (1937) :
Les républicains résistent victorieusement à Madrid : alors que Franco a lancé quatre colonnes sur la capitale (c'est à cette occasion que naît l'expression « cinquième colonne », par allusion aux franquistes clandestins et armés dans Madrid), l'arrivée du matériel russe et des premières Brigades internationales vient appuyer la défense de la ville par les miliciens. Les troupes de Franco, malgré des combats sans merci, ne dépassent pas le faubourg de Carabanchel et la Cité universitaire.

Les républicains attaquent à Brunete (5 juillet) et à Teruel (15 décembre) et font subir aux volontaires italiens un échec à Guadalajara (mars). Mais les franquistes s'emparent, au sud, de Málaga (10 février), et au nord, de Bilbao (19 juin), de Santander (26 août) et de Gijón (19 octobre). Leurs offensives sont appuyées par des bombardements de terreur de la Légion Condor (raid sur Guernica, en avril 1937). Cette dernière attaque inspira au peintre Pablo Picasso, une oeuvre présentée lors de l'Exposition universelle tenue à Paris en 1937, pavillon de l'Espagne.
1er août 1937 Gerda Taro est inhumée au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Pablo Neruda et Louis Aragon prononcent un éloge funèbre.  
Décembre 1937 - février 1938 Capa à Teruel (Aragon), juste après la prise de la ville par les républicains. Lourdement bombardée, la bourgade change plusieurs fois de main. Tournant de la guerre, victoire nationaliste.  
1938 Capa en Chine pour couvrir la guerre sino-japonaise. Retour à Barcelone en octobre.  
Novembre - décembre 1938 Capa en reportage sur le rio Segre (front d'Aragon), puis en Catalogne. Marche à la mer des nationalistes (1938) :
Assuré de ses arrières, Franco dégage Huesca, s'empare de Lérida (3 avril), atteint la Méditerranée à Vinaroz (15 avril) et coupe ainsi le territoire républicain en deux.
1939 La prise de Barcelone (26 janvier) et celle de Madrid (28 mars) marquent la victoire des Nationalistes. "Retirada" (retraite) : 450.000 réfugiés républicains franchissent en quelques semaines la frontière franco-espagnole. Offensive nationaliste finale (1939) :
Après la chute de Barcelone (26 janvier), l'internement de l'armée républicaine en France (5 février) et le blocage de la flotte à Bizerte (27 février) marquent la fin des opérations militaires. Les nationalistes occupent toute l'Espagne, et leur cinquième colonne leur livre Madrid (28 mars). L'Angleterre et la France reconnaissent le gouvernement de Franco.
Janvier - mars 1939 Capa à Barcelone, puis dans les camps des Pyrénées-Orientales et de l'Aude ou sont internés les réfugiés : Argelès, Le Barcarès, Bram, Montolieu.  
Printemps 1939 Chim embarque pour le Mexique à bord du Sinaia, un bateau qui transporte un millier de réfugiés espagnols.  
Octobre 1939 Robert Capa quitte Paris, laissant ses négatifs à Csiki Weisz. Grâce à un visa délivré par le consul chilien, Pablo Neruda, et à une commande de Life, il prend le bateau pour New York, comme de nombreux artistes français et européens.  

Largo Caballero, Francisco (1869-1946) :
Membre du PSOE (*) et de l'UGT (*), il sera très populaire chez les ouvriers. Ministre du Travail en 1931. Il sera arrêté durant la révolte des Asturies en 1934. Président du Conseil d'un ministère de combat marqué à gauche de 1936 à 1937, il rapprochera le PSOE (*) du PCE et de la CNT (*), mais sera poussé à la démission par le PCE.

Queipo de Llano, Gonzalo (1875-1961) :
Général favorable à la République jusqu'en 1936, lorsqu'il rejoint la rébellion et s'empare de Séville. Il tiendra quotidiennement, sur Radio-Séville, des discours très virulents.

Sanjurjo, José (1872-1936) :
Général exilé au Portugal, il y préparera le soulèvement militaire franquiste de 1936 et y mourra dans un accident d'avion.

Abréviations :
CNT, Confederación Nacional del Trabajo :
Syndicat proche de la FAI (*). Durant la guerre civile, il pratiquera la collectivisation révolutionnaire.

FAI, Federación Anarquista Ibérica :
Parti anarchiste.

PSOE, Partido Socialista Obrero Español :
Après une collaboration avec la dictature de Primo de Rivera (1923-1930), le PSOE participa à la chute de la monarchie (avril 1931) et aux gouvernements de la République. Parti le plus important du Front populaire, victorieux aux élections de février 1936, le PSOE fut débordé, pendant la guerre civile, par le parti communiste, qui prendra le contrôle de la zone républicaine.

UGT, Union General de Trabajadores :
Syndicat proche du PSOE, créé en 1899. Durant la guerre civile, il privilégiera la lutte contre les militaires insurgés et leurs soutiens.



La guerre d'Espagne fit plus d'un million de victimes : 145.000 morts, 134.000 fusillés, des représailles inexpiables des deux côtés, 630.000 morts de maladie. Plus de 400.000 Espagnols s'exilèrent et le régime franquiste s'installa dans un pays ruiné. L'évocation de certains épisodes de la guerre civile provoqua encore, au début du XXIe siècle, des tensions publiques dans la société espagnole.

- En complément, carte des zones d'influence et mouvements des Nationalistes et des Républicains durant la guerre d'Espagne. Egalement, principaux avions fournis aux belligérants pendant le conflit.

Sources partielles : livres Air War over Spain - Rafael A. Permuy López, Dans la grande nuit des temps - Antonio Muñoz Molina, et exposition "La Valise Mexicaine", Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, Paris, avril 2013.
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