Hispano-E-14 (ha-200) saeta          

Horten Ho 229

mars 1944 Howard-Mister mulligan

Vue d'une aile volante H.IX V2 (origine : Bois d'Aviation - Jean-Marie Ballu) Vue d'une aile volante Horten H.IX V2 (ou Ho 229), en construction dans un atelier de menuiserie, un local discret protégé des bombardements. A noter, les nombreux serre-joints rangés sous les fenêtres.

En 1933, les frères Reimar et Walter Horten, des spécialistes des ailes volantes, réalisèrent un planeur, le Horten Parabola directement inspiré de la graine d'un palmier javanais, le Zanonia macrocarpa (Alsomitra macrocarpa). Cette graine qui avait naturellement la caractéristique de planer sans piquer vers le sol grâce à sa forme et son centre de gravité, avait également inspiré le dessin d'un planeur construit par le pilote autrichien Ignaz 'Igo' Etrich en 1906. Avec cet appareil d'une envergure de 12 mètres, d'une surface alaire de 36 m2, et baptisé Zanonia, le pilote réussit plusieurs vols planés sur quelques centaines de mètres. Deux ans plus tard, il tenta de le motoriser avec un moteur Antoinette, et ce modèle inspira par la suite le monoplan Taube.

Le Horten H.I datant de 1934, fut le premier modèle construit. L'engin d'une envergure de 12,20 m, et d'une charge alaire de 4,88 kg/m2 fut primé. De construction bois avec un revêtement entoilé, il était muni d'une seule gouverne donnant aussi bien le contrôle longitudinal que latéral. La direction était assurée par des volets de freinage disposés au bout des ailes, à l'extrados et à l'intrados, près du bord d'attaque. Le Horten I vola quelques heures, puis fut rapidement remplacé par le H.II de 1934, dont une version fut équipée d'un moteur quatre cylindres en ligne inversé à refroidissement par air Hirth H M 60R d'une puissance de 80 ch, trois autres versions étant des planeurs d'études. Les frères Horten réalisèrent ensuite d'autres planeurs, comme les types à aile mince, H.III qui monta à 7.500 m en 1938, et H.IV d'une envergure de 24 mètres, qui prit une ascendance lui permettant de monter jusqu'à 10.000 pieds. (3.050 m).

Le Horten V utilisait deux moteurs Hirth H M 60R entraînant des hélices propulsives tournant dans des sens opposés. Son envergure était de 15,24 m avec une corde de 6,75. Sa cellule était formée d'une partie centrale métallique basée sur un treillis de tubes d'acier soudés, complétée d'éléments extérieurs en bois. Son contrôle était assuré par des volets hypersustentateurs placés aux extrémités des ailes et des volets d'atterrissage placés sous la section centrale. Les moteurs étaient entièrement noyés dans l'épaisseur de l'aile et actionnaient les hélices grâce à des arbres de transmission. Le train d'atterrissage tricycle était fixe, et les jambes du train principal étaient couvertes d'un carénage qui assuraient, en l'absence de dérive, une partie de la stabilité directionnelle. La vitesse de cette machine biplace qui vola pour la première fois en juin 1937, atteignait environ 250 km/h.

Un autre modèle fut l'aile volante H.VII destinée à la formation à la chasse. Cet avion dont le premier vol fut effectué en mai 1944, fut désigné par le RLM (Reichsluftfahrtministerium, ministère de l'Air du Reich), d'abord sous le code 8-226, puis sous la désignation 8-254, il fut donc référencé soit Ho 226 ou encore Ho 254, bien qu'aucune de ces désignations n'aient vraiment été utilisée en pratique. Dérivé proche du H.V à hélices propulsives, il devait initialement servir de banc d'essai pour le pulsoréacteur Schmitt-Argus, mais ce projet fut annulé en 1943. Finalement il fut doté de deux moteurs huit cylindres en V Argus As 10C d'une puissance unitaire de 235 ch. Cette aile volante ayant un fuselage en Duralumin et des ailes en bois effectua plusieurs vols d'essai destinés à dissiper les inquiétudes quant au contrôle de l'appareil en cas de perte de puissance asymétrique. Deux prototypes furent construits et le H.VII V3 était en voie d'achèvement au moment ou les armées alliées atteignirent l'usine Peschke de Minden. Ce modèle aurait pu être la base d'une machine de production, et un exemplaire fut emporté en U.R.S.S.

Le Horten VIII devait être une grande aile volante de 47,85 m d'envergure, doté de six moteurs BMW d'une puissance unitaire de 600 ch entraînant des hélices propulsives. Cet appareil était en construction à Gottinger et devait être prêt à voler en novembre 1945. Le H.VIII devait être un avion commercial capable d'emporter 60 passagers, à une vitesse proche de 350 km/h, avec une autonomie (prévue de 6.100 km) lui permettant de franchir l'Atlantique. La cellule était formée d'une section centrale bâtie autour d'un treillis en tubes d'acier soudés et des parties extérieures en bois.

En 1942, la Luftwaffe demanda aux frères Horten, spécialistes de planeurs, d'étudier un appareil employant pour sa propulsion un pulsoréacteur, et ce projet déboucha finalement sur le H.IX réalisé pour une large part, en contreplaqué, le Duralumin, matériau stratégique n'étant plus disponible. Le premier vol de cet appareil (H.IX V1) fut réalisé début mars 1944, en mode planeur, puis équipé de deux turboréacteurs Junkers Jumo 004B, il réalisa un autre vol inaugural, en version désignée H.IX V2, devant les autorités qui ordonnèrent immédiatement la construction d'une dizaine exemplaires, dans le cadre du projet 1000x1000x1000 (soit un chasseur-bombardier capable de transporter 1.000 kg de bombes, en volant à 1.000 km/h, et sur 1.000 km). Cet avion avait naturellement, de part sa forme et sa construction en bois, une certaine furtivité. De plus, afin d'augmenter encore cette propriété, son fuselage fut marouflé et couvert d'une peinture à base de suie, de colle de poudre et de charbon de bois.

Le H.IX V2 fut détruit en février 1945 dans un accident qui coûta également la vie au pilote. Malgré le construction prévue d'une centaine d'exemplaires fabriqués sous la référence Ho 299 ou encore Go 229 par Gothaer Wagonfabrik AG, l'appareil en resta au stade des études. L'exemplaire H.IX V3 fut récupéré par les Américains dans le cadre de l'opération Paperclip (exfiltration et recrutement de scientifiques allemands), puis fut étudié par les ingénieurs de ce pays et les Britanniques, avant une longue mise en sommeil. Le H.IX était de construction mixte, partie central formée d'un treillis de tubes d'acier soudés, extrémités des plans en bois. Les ailes étaient bâties autour d'un longeron principal pénétré par les entrées d'air des réacteurs, et d'un longeron secondaire servant de support aux élevons. La cellule était solide, puisque capable de supporter des facteurs de charge allant jusqu'à +7g, avec une marge allant jusqu'à un maximum de plus de +12g. Le cockpit était peu spacieux et ne réservait la place que pour un pilote placé dans un siège éjectable. Le train d'atterrissage était tricycle, avec une roulette avant issue de modèles montés sur des bombardiers He 177 ou He 177A. Les moteurs initiaux étaient des BMW 003, mais non disponibles, ils furent remplacés par des Jumo 004. Le contrôle de l'avion était réalisé par une combinaison d'élevons et de volets montés sur le bord de fuite. Ces derniers comprenaient des éléments longs placés en partie plus intérieure, et des éléments plus courts placés plus vers l'extérieur, ces derniers étant activés en premier. Cette combinaison permettait un contrôle en lacet plus souple qu'avec un système à unique volet. Cette aile était aussi dotée d'un parachute de freinage.

Toutes ces différentes ailes volèrent, mais en restèrent au stade du prototype, sans être opérationnelles durant la Deuxième Guerre mondiale. Les ailes volantes conçues par les frères Horten avaient des lignes d'une grande pureté, avec le cockpit intégré dans l'épaisseur, le pilote étant souvent couché sur le ventre pour diriger l'appareil. Reimar Horten se réfugia en Argentine après le conflit, et recommença à construire des ailes volantes en contreplaqué (par exemple, modèles Horten H.Ib, I.Ae, 34 Clen Antú, FMA I.Ae. 37, FMA I.Ae 38, I.Ae. 41 Urubú, et Nike PUL 9).


Vue d'une aile volante H.IX V3 (origine : Bois d'Aviation - Jean-Marie Ballu) Vue arrière d'une aile volante Horten H.IX V3 récupérée, ainsi que les versions allant jusqu'au V6, par les Américains dans l'usine Gotha (Gothaer Wagonfabrik AG) de Friedrichroda, Thuringe, Allemagne, en avril 1945 (National Air Space Museum, Silver Hill, Maryland). Cet exemplaire était presque terminé et était le plus proche de l'achèvement des quatre cellules. La vue montre le revêtement en bois assurant une certaine furtivité.

- L'aile volante H.IX en bande dessinée : cet avion apparait dans l'album numéro 23 paru en 2014, des Aventures de Blake et Mortimer, d'après les personnages créés par Edgar P. Jacobs, "Le Bâton de Plutarque", de Yves Sente et André Juillard. En début du livre, un chasseur-bombardier de ce type se dirige vers Londres, afin d'attaquer le Parlement dans le but de déstabiliser le gouvernement britannique. Les chasseurs embarqués Seafire ne peuvent rien contre la vitesse et la maniabilité de l'appareil allemand, qui finit quand même par être abattu suite à une manoeuvre un peu désespérée du capitaine Blake pilotant un appareil à réaction moderne nommé Golden Rocket.

Sources partielles : site web Wikipedia, et Bois d'Aviation - Jean-Marie Ballu (ISBN 978-2-9165-2507-5).

Ho 229A (H.IX V2)   
Moteurs(s)/Engine(s)   2 réacteurs de 900 kgp                      Junkers Jumo 004B                                 
Envergure/Span 16,76 m (54 ft 11.8 in) Longueur/Length 7,47 m (24 ft 6.1 in) Hauteur/Height 2,81 m (9 ft 2.6 in) Poids total/Weight 8.100 kg (17.860 lb)
Vitesse/Speed 980 km/h à 12000 m           Plafond/Ceiling                      Autonomie/Range 1.900 km (1.180 miles)


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