Gnome-Monosoupape 100 ch                  

Gnome Omega

année 1909 Green-4 cylindres

Vue d'un moteur rotatif Gnome Omega (origine : Gallica, Pégase, mars 1985) Moteur rotatif sept cylindres en étoile Gnome Omega, d'une puissance de 50 ch.

Conçu par les frères Laurent et Louis Seguin (1869-1918), le Gnome Omega (aussi appelé Gnome 50 ch) était un moteur rotatif, sept cylindres en étoile à refroidissement par air, datant de 1909. Le Omega dont la cylindrée atteignait 8 litres (alésage 110 mm, course 120 mm) pouvait délivrer une puissance de 50 ch à 1.200 tr/min. Ses dimensions extérieures étaient une longueur de 79 cm pour une diamètre total de 84 cm. Ce moteur d'un poids à sec de 75 kg, ne comprenait pas de réducteur, l'hélice étant directement liée au bloc.

Afin d'alléger et simplifier la mécanique, ce propulseur était doté d'une distribution particulière, avec uniquement, la soupape d'échappement actionnée par poussoir et culbuteur, la soupape d'admission étant logée dans la tête de piston. Cette dernière, dotée d'un contrepoids afin de compenser la force centrifuge était ouverte uniquement par dépression, le mélange air, huile et essence étant introduit via la partie centrale du carter moteur. Ce dispositif ingénieux n'était pas sans inconvénients avec l'obligation de démonter les têtes de cylindre pour entretenir ou ajuster le réglage des soupapes d'admission qui avaient, par ailleurs, tendance à se coincer facilement. Aussi sur ce type de moteur, la consommation était plus élevée que sur d'autres rotatifs parce que les soupapes d'admission s'ouvraient à des moments qui n'étaient pas les plus optimisés. La lubrification était assurée par de l'huile de ricin, cette dernière étant rejetée par l'échappement à haute température et devenant après la combustion, corrosive. L'alimentation comprenait un carburateur à prise d'air automatique, et le mélange parvenait au centre du moteur grâce au vilebrequin creux, ce dernier permettant également le passage des tuyaux servant au graissage. En partie arrière du moteur, on trouvait une pompe à huile à deux cylindres, et une magnéto couplée à un distributeur rotatif pour l'alimentation des bougies montées sur le côté. Aucun composant du moteur n'était fait en aluminium, et la plupart des pièces importantes étaient en acier au nickel et forgées à la main. Le carter principal était une boîte fermée, portant deux flasques, l'un de butée sur lequel était fixée l'hélice, et l'autre de distribution qui contenait les engrenages et les cames actionnant les soupapes d'échappement par l'intermédiaire de tiges et culbuteurs.

Les études du moteur Omega commencèrent vers la fin de l'année 1907, et un premier prototype de ce modèle sept cylindres en étoile fut exposé lors de la première Exposition internationale de Locomotion Aérienne, tenue à Paris, Grand Palais, en 1909. La mise au point du modèle ne dura qu'une quinzaine de mois, et au printemps 1909, un des premiers Omega fut essayé à Monaco, lors du Championnat de la mer, sur un canot automobile de type hydroplane (aéroscaphe), piloté par son inventeur Roger Ravaud. Pendant la Grande Semaine d'aviation de la Champagne qui se déroula à Reims-Bétheny en août 1909, Henri Farman remplaça le moteur Antoinette de son avion par un moteur Omega, et obtint immédiatement un résultant probant, en battant le record du monde de distance et de durée de vol (180 km parcourus 3 h 15 min). Quelques jours auparavant, fin août 1909, Louis Paulhan avait volé sur un Voisin recevant le même moteur, sur plus de 130 km. Egalement, Henri Fabre, utilisa fin mars 1910, un propulseur de ce type, sur son hydravion qui vola depuis le port de La Mède, près de Marseille.

Par la suite, de nombreux autres avions furent équipés de moteurs Omega, parmi lesquels : Breguet, Farman, Paulhan, Sommer, Train, Donnet-Lévêque, Deperdussin, Moreau). Le rotatif Omega fut sans conteste le moteur aéronautique qui donna les meilleurs résultats à cette époque. Il s'imposa encore durant quatre années avant d'être concurrencé par les moteurs en V à refroidissement liquide. Il avait comme inconvénient, sa grande consommation en huile et en essence, et sa puissance fut limitée par l'impossibilité d'augmenter la vitesse de rotation. Même en constituant des groupes en double étoile, ou en quadruple étoile, les modèles de série de ce type ne pouvaient, vers la fin de la Première Guerre mondiale, dépasser une puissance de 250 ch.

Le moteur Omega pouvait être fourni en version double étoile, équipée de deux pompes à huile et de deux magnétos, d'une puissance de 100 ch, désignation Omega-Omega. Construit à plus de 500 exemplaires, le Oméga permit de réaliser plus de trente records et exploits entre 1909 et 1913. Ce moteur, et les types de même architecture qui suivirent, furent fabriqués sous licence dans de nombreux pays, début 1910 en Grande Bretagne (chez Allen et chez Bristol Carriage Company), dès 1910 en Italie (à Turin, dans une usine achetée par Gnome et qui fut nommée en 1912, la Motori Società Italiana Gnome e Rhone), en 1911 aux Etats-Unis (The General Vehicule et la compagnie Gyro-Motor), en 1912 en Russie (usine de Moscou), en 1913 en Suède (Thulin), et aussi en Allemagne (Oberursel).


Tableau de variantes de même architecture :
Modèle Type Cylindrée Alésage Course Puissance Poids à sec Remarques
Gamma Sept cylindres en étoile 11,14 litres 120 mm 130 mm 70 ch à 1.200 tr/min 83 kg Existait en version double étoile, d'une puissance de 140 ch, désignation Gamma-Gamma.
Delta Neuf cylindres en étoile 16,28 litres 124 mm 150 mm 100 ch à 1.200 tr/min 135 kg Existait en version double étoile, d'une puissance de 200 ch, désignation Delta-Delta.
Lambda Sept cylindres en étoile 11,83 litres 124 mm 140 mm 67,5 ch à 1.250 tr/min 96 kg Existait en version double étoile, d'une puissance de 160 ch, désignation Lambda-Lambda. Fut produit également en version longue course (145 mm), d'une cylindrée portée à 12,26 litres, et servit de base aux modèles allemands fabriqués par Motorenfabrik Oberursel AG, U.0 (Lambda), et double étoile U.III (Lambda-Lambda).
Sigma (Gnome 60 ch) Sept cylindres en étoile 9,5 litres 120 mm 120 mm 60 ch 79 kg Existait également en version double étoile.

Source partielle : Gallica, Pégase, mars 1985, et site web Hydro rétro - Gérard Hartmann.

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