Albatros-D.i             

Albatros D.III

janvier 1917 Albatros-D.v

Vue d'un biplan Albatros D.III Vue d'un biplan Albatros D.III, version dérivée du D.I et du D.II.

Le D.III, qui fut le premier Albatros doté de mâts d'entre plans en V, fut le meilleur et le plus efficace de tous les chasseurs produits par la marque, durant la Première Guerre mondiale. Il résultait d'une demande émise pendant l'année 1916, par l'Idflieg (contraction de Inspektion der Fliegertruppen, inspection des troupes volantes ou troupes d'aviation), à l'intention des concepteurs allemands, afin qu'ils incorporent dans leurs chasseurs, plusieurs caractéristiques qui avaient rendu les Nieuport si efficaces sur le front de l'Ouest. Chez Albatros Flugzeug-Werke, le Dipl. Ing. Robert Thelen décida de garder le fuselage de base du D.II, avec le moteur à haut taux de compression Mercedes D.III qui permettait d'obtenir de bonnes performances en altitude, et de concevoir des plans entièrement nouveaux. Suivant l'exemple Nieuport, mais de manière moins absolue, il dessina des plans inférieurs d'une corde réduite par rapport à celle du plan supérieur (formule sesquiplan). Le résultat fut un avion avec une encore meilleure vitesse de pointe et capacité à monter par rapport à l'Albatros D.II, ainsi qu'une visibilité vers le bas améliorée, et quand ce chasseur rejoignit les autres machines Albatros en service actif, au début de l'année 1917, il établit rapidement sa supériorité.

Parmi les premières unités dotées du D.III, on trouvait la Jasta (Jagdstaffel) No. 11, en janvier 1917, et au printemps, toutes les 37 Jasta au front étaient totalement ou partiellement équipées de chasseurs Albatros, d'un genre ou un autre. Le D.III resta en service tout au long de l'année 1917, et le pic d'emploi fut atteint en novembre, quand environ 440 machines de ce type étaient au front. Durant cette période, cet avion forma l'équipement majeur des unités allemandes, et fut l'un des principaux agents de destruction lors de ce que les Alliés appelèrent le Bloody April (*). A partir du mois de juillet, le D.III commença à être rejoint en opérations par les D.V et D.Va, bien que la production du modèle n'ait été arrêtée qu'au début de l'année suivante.

En plus de son service sur le front Ouest, l'Albatros D.III fut aussi mis en oeuvre par l'aviation allemande en Palestine et en Macédoine, et trois Series (53.2, 153, et 253) furent construites par Oeffag (Oesterreichische Flugzeugfabrik AG, Vienne), pour le compte de la force aérienne austro-hongroise, avec respectivement, des moteurs Austro-Daimler de 185, 200, et 225 ch.

Les modifications apportées au long de la carrière du D.III, furent le montage légèrement décalé du radiateur d'aile vers la droite, afin qu'en cas de crevaison de cet élément lors d'un combat, le liquide de refroidissement bouillant ne soit plus projeté vers le visage du pilote, et le montage d'une gouverne de direction plus arrondie (similaire à celle utilisée plus tard, sur le D.V.). Aussi, les D.III employés en Palestine furent ultérieurement équipés de deux radiateurs.

Pendant la dernière partie de l'année 1917, l'Albatros D.III fut graduellement concurrencé ou surclassé par les derniers chasseurs alliés, d'abord par le triplan Sopwith et le Spad VII, et plus tard, par le Camel et le S.E.5a. Quelques D.III allemands ou de construction austro-hongroise furent fournis à la force aérienne polonaise, en 1919. La désignation suivant la fin de la Première Guerre mondiale du D.III, fut L.20.


Vue d'un chasseur Albatros D.III (origine : Fighters 1914-1919 - Kenneth Munson) Vue et plan d'un chasseur biplan Albatros D.III de l'aviation militaire impériale allemande, qui fut accidenté dans le nord de la Savoie, France, en octobre 1917.
Plan d'un chasseur Albatros D.III (origine : Fighters 1914-1919 - Kenneth Munson)


* Durant le mois d'avril 1917, les combats aériens furent poursuivis avec une grande intensité, les Albatros semant la mort parmi les chasseurs et les avions de reconnaissance alliés. Un pilote de Sopwith Pup, Gordon Taylor, eut l'occasion de piloter un Albatros D.II capturé quelques semaines après le Bloody April. Selon lui, l'Albatros était une "véritable machine à tuer, une arme d'une redoutable efficacité", alors que le léger Pup ressemblait plus à un avion de sport. Il était plus agile que l'Albatros, mais deux fois moins puissant. L'avion allemand était plus rapide, grimpait mieux, piquait plus vite, et par conséquent, pouvait engager le combat et le rompre à sa guise. Parmi les chasseurs du Royal Flying Corps, les Nieuport souffrirent tout particulièrement, le Squadron No. 60 perdant treize pilotes en deux semaines.

Dans les tout premiers jours de l'offensive précédant l'attaque terrestre, début avril (bataille d'Arras, avril et mai 1917), le R.F.C. perdit 75 avions au combat et environ 55 sur accident. Le Squadron Commander Sholto Douglas, qui commandait alors le Squadron No. 43 équipé de Sopwith 1½ Strutter, nota que son unité avait subi plus de 100% de pertes durant le mois d'avril, soit 35 pilotes et mitrailleurs perdus, sur un effectif nominal de 32. Les remplaçants se faisaient abattre dès leur arrivée, et sur les 32 navigants que comptait le Squadron au début du mois, seuls six ou sept avaient survécu. Chaque avion de reconnaissance devait être escorté par au moins cinq chasseurs, le supériorité numérique du R.F.C. n'ayant plus aucun effet. Les pertes furent terribles, 245 avions perdus au combat, 211 aviateurs tués ou disparus, 108 prisonniers, 116 blessés, le tout en un seul mois. En comparaison, le R.F.C. avait perdu un peu moins de 500 aviateurs durant les quatre mois et demi de l'offensive de la Somme (1 juillet au 18 novembre 1916). Les équipages britanniques ne renoncèrent jamais, mais le moral du Royal Flying Corps était au plus bas. Les Alliés reprirent l'avantage grâce principalement à leur capacités de fabrication et de livraison de nouveaux appareils, en particulier la quatrième génération de modèles remplaçant les avions obsolètes qui avaient tant souffert au début de l'année 1917.


Sources partielles : Fighters 1914-1919 - Kenneth Munson et Les Avions de la Grande Guerre - Jack Herris et Bob Pearson (ISBN 978-2-7357-0380-7).

ALBATROS D.III      
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 160/175 ch            Mercedes D.IIIa                                   
Envergure/Span 9,05 m     Longueur/Length 7,33 m     Hauteur/Height 2,98 m     Poids total/Weight 890 kg         
Vitesse/Speed 175 km/h à 1000 m Plafond/Ceiling 5.500 m    Autonomie/Range 2 heures       


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