Bristol-Beaufighter             

Bristol Beaufort

octobre 1938 Bristol-Blenheim

Vue d'un Beaufort I (photo : Aircraft of the Royal Air Force 1918-57 - Owen Thetford) Vue d'un bombardier Bristol Beaufort I (L 9965), du Squadron No. 42 de la Royal Air Force.

Le Bristol Beaufort, qui succéda au plus ancien biplan Vickers Vildebeest, fut le bombardier porteur de torpille standard dans le Coastal Command de la Royal Air Force, de 1940 jusqu'en 1943. Cet appareil, Type 152 pour le constructeur, fut conçu pour répondre à deux spécifications du ministère de l'Air (Air Ministry), la Spec. M.15/35 pour un bombardier porteur de torpille, et la Spec. G.24/35, pour un avion général de bombardement et reconnaissance. La proposition du modèle datait de 1936, et le travail de conception détaillé fut commencé en mars 1937. Le prototype (L 4441) effectua son vol inaugural en octobre 1938, sa motorisation étant alors formée de radiaux sans soupapes Bristol Taurus II d'une puissance unitaire de 1.010 ch, installés à la place de Perseus prévus à l'origine.

La production répondit à la Spec. 10/36, et le premier contrat passé en août 1936, porta sur un peu moins de 80 exemplaires. Le modèle Beaufort I fut mis en fabrication en 1939 (premier ex. L 4442), et différait du prototype sur plusieurs points de détail, fenêtre de visée du bombardier plate, repositionnement des pipes d'échappement des moteurs, portes du train d'atterrissage principal revues, et installation dans la tourelle défensive dorsale Daimler, de deux mitrailleuses au lieu d'une. Les propulseurs Taurus II de 1.010 ch des premières machines, furent remplacés par de plus puissants Taurus VI, et l'armement fut progressivement augmenté, avec sur certains appareils, le montage de mitrailleuses Vickers K dans le nez, ou de deux mitrailleuses latérales. Ultérieurement, certains exemplaires furent aussi dotés d'une mitrailleuse orientée vers l'arrière, et montée dans un coffre sous le nez de l'avion. Le Mk. I fut construit en environ 960 exemplaires, et le dernier exemplaire fut le LS 128.

La variante majeure suivante fut le Mk. II (Beaufort II, commençant par le AW 244), qui était équipé de moteurs américains Pratt & Whitney Twin Wasp. Le prototype de cette machine, datant de novembre 1940, était un Beaufort I converti (N 1110), doté de R-1830-S1C3G Twin Wasp. Ce modèle fut construit en environ 165 exemplaires, et le dernier fabriqué fut le ML 722, en 1943. Les derniers Mk. II furent construits, et plusieurs autres furent convertis, en version entraînement, avec la tourelle dorsale déposée.

Le Beaufort fut mis en service en premier dans le Squadron No. 22, à Thorney Island, West Sussex, en décembre 1939. Dans la nuit du 15-16 avril 1940, les bombardiers de cette unité effectuèrent leur première mission de mouillage de mines dans l'estuaire de la Jade (une rivière de 30 km de long en Basse-Saxe, au nord-ouest de l'Allemagne, se jetant dans la mer du Nord), et début mai suivant, ils larguèrent leurs premières bombes. Les Beaufort remplirent des missions en mer du Nord, en Manche, dans l'Atlantique, et en Méditerranée. A partir de 1942, les bombardiers du Squadron No. 217 attaquèrent des convois ennemis, en partant de Malte, et ceux du Squadron No. 39 opérèrent dans la zone du Western Desert (désert occidental, zone de l'Egypte et de la Libye, allant jusqu'au Soudan, au sud). Un Beaufort piloté par le Flying Officer Kenneth Campbell (1917-1941), fut près de couler, en avril 1941, le croiseur de bataille Gneisenau dans le port de Brest, et durant cette même année, les bombardiers du Squadron No. 86 jouèrent un rôle important dans la chasse en Manche, du Gneisenau, du Scharnhorst (navires jumeaux portant les noms de deux réorganisateurs de l'armée prussienne après Iéna, en 1806), et du croiseur lourd Prinz Eugen, ainsi que lors du repli de ces navires, vers l'Allemagne (opération Cerberus, Channel Dash pour les Anglais), en février 1942. Les Beaufort furent utilisés dans les Squadrons Nos. 22, 42, 86, 217, 415, et 489 du Coastal Command, et dans les Squadrons Nos. 39, 47, 203, et 217 au Moyen-Orient. Cependant ces avions étaient vulnérables par rapport aux chasseurs ennemis et à la défense anti-aérienne, et ils furent remplacés dès que possible (en 1943) par des Beaufighter ("Torbeau").

Des plans de construction de bombardiers destinés à la Royal Air Force et à la Royal Australian Air Force, dataient d'avant l'année 1939, et le Beaufort fut choisi comme le premier modèle approprié. En décembre 1941, l'organisation australienne Department of Aircraft Production (DAP), livra le premier de cinquante Beaufort V, équipés de moteurs radiaux Pratt & Whitney R-1830-S3C4-G produits localement. D'autres variantes furent le Beaufort VA, pratiquement identique au Mk. V, mais avec des éléments de queue plus grands (trente exemplaires), le Beaufort VI équipé de moteurs plus performants (une quarantaine d'exemplaires), et le Beaufort VII construit en environ soixante exemplaires (hélices Hamilton Standard à la place des Curtiss Electric, et dérive plus importante qui devint un standard). La majorité des environ 520 Mk. VIII furent dotés d'un radar britannique ASV (Air to Surface Vessel), et d'une tourelle défensive modifiée (deux mitrailleuses Browning de 12,7 mm dans un équipement de conception australienne sur les 140 derniers exemplaires).

Les Beaufort de la R.A.A.F. servirent dans les îles Salomon, au Timor, en Nouvelle-Guinée, et sur plusieurs théâtres de batailles du Pacifique. Ils détruisirent de nombreux cargos japonais et des petits navires de guerre autour de la Nouvelle-Guinée, participèrent pendant plusieurs mois aux attaques contre le port de Rabaul tenu par les Japonais (île de Nouvelle-Bretagne, au nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, archipel Bismarck), et furent aussi utilisés pour mener des reconnaissances stratégiques ou tactiques. En novembre 1944, environ 45 exemplaires furent convertis en avions de transport léger, désignés Mk. IX. Parmi les autres propositions, un Mk. III doté de moteurs Merlin XX et de panneaux d'ailes extérieurs de type long rayon d'action issus du Beaufighter, fut envisagé, mais non construit, et un Mk. IV fut essayé avec des moteurs Taurus de 1.750 ch. La production totale du Beaufort atteignit environ 1.120 exemplaires, somme à laquelle il faut ajouter 700 autres exemplaires construits en Australie.

Vue d'un Beaufort I (origine : Bombers 1939-1945 - Kenneth Munson) Vue et plan d'un Beaufort I du Squadron No. 42 de la R.A.F., mars 1941. Armement : deux mitrailleuses Vickers K de calibre 7,7 mm dans la tourelle défensive dorsale, une de même type dans l'aile gauche, plus une mitrailleuse Browning de 7,7 mm, montée sous le nez de l'appareil et tirant vers l'arrière. Charge de bombes, jusqu'à 1.000 livres (environ 450 kg) en soute interne, et jusqu'à 500 livres (230 kg) à l'extérieur, et possibilité d'emport d'une torpille de 1.605 livres (environ 730 kg) semi-encastrée.
Plan d'un Beaufort I (origine : Bombers 1939-1945 - Kenneth Munson)

Source partielle : Bombers 1939-1945 - Kenneth Munson.

BEAUFORT I          
Moteurs(s)/Engine(s)   2 moteurs à pistons de 1130 ch              Bristol Taurus VI                                 
Envergure/Span 17,63 m    Longueur/Length 13,46 m    Hauteur/Height 4,34 m     Poids total/Weight 9.630 kg       
Vitesse/Speed 360 km/h à 1525 m Plafond/Ceiling 5.030 m    Autonomie/Range 2.575 km       


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