Mig-Mig-29 fulcrum

Mikoyan MiG-31 Foxhound

Mignet-Hm-14 pou du ciel

Vue d'un MiG-31 au Salon du Bourget 1991 (photo : Peter Vercruijsse) Vue d'un appareil soviétique MiG-31, (code OTAN "Foxhound"), immatriculation 374 blanc, cn N69700121496, Salon du Bourget (Paris Air Show 1991), Paris, France, 1991.

Le Mikoyan-Gourevitch MiG-31 fut développé pour contrer la menace posée par de nouveaux avions d'attaque volant à basse altitude et les missiles de croisière, en complément du Sukhoi Su-27 en service, et en utilisant son très long rayon d'action pour combler les vides entre les stations de la chaîne russe de radars basés au sol. Le modèle fut dérivé du MiG-25 "Foxbat", et le prototype qui effectua son vol inaugural en septembre 1975, était désigné MiG-25MP (Ye-155MP). L'appareil était un biplace en tandem (avec un opérateur radar dans le siège arrière), doté d'une nouvelle et plus grande cellule, d'ailes hautes également nouvelles comprenant des extensions à la base du bord d'attaque (leading-edge root extension, LERX), et les jambes du train d'atterrissage principal portaient chacune deux roues alignées. Les éléments de queue étaient formés d'une double dérive et de plans horizontaux complétement mobiles montés en position basse. Les deux réacteurs étaient des puissants Tumansky (Soloviev) D-30F-6, d'une poussée unitaire de 21.000 lbf (environ 9.525 kgp), et 34.000 lbf (15.420 kgp) avec la réchauffe. Le chasseur était équipé de quatre points d'emport sous les ailes, et six autre sous le fuselage, et le système constitué initialement de missiles air-air R-33 (AA-9 "Amos"), était couplé à un puissant radar à balayage électronique (*) Zaslon "Flash Dance", ayant la capacité look-down/shoot-down (capacité à repérer et engager des cibles d'intérêt volant plus bas), et celle de suivre plusieurs cibles simultanément. La portée de détection maximale de ce radar était de 120 miles (200 km), et la largeur typique de détection vers l'avant était de 140 miles (225 km).

La production en série du MiG-31 fut commencée en 1979, et la mise en service fut effectuée à partir de l'année 1981. Un groupe de quatre intercepteurs de ce type espacés de 200 km, pouvait alors contrôler une zone d'espace aérien sur une longueur totale de 500 à 560 miles (800 à 900 kilomètres). Ce modèle de base fut construit en plus de 300 exemplaires et ne fut pas exporté. La version initiale fut suivie de la variante améliorée et développée à partir de 1984, MiG-31M, qui était d'un poids total maximal porté à 52.000 kg, et dont les réacteurs était des D-30F-6M d'une poussée supérieure. L'avionique était également améliorée, avec l'installation d'une version modernisée du radar, un Zaslon-M capable de détecter et engager plus de cibles en même temps, à une distance supérieure. L'armement était élargi, avec l'emport possible de missiles R-33S et R-37 (AA-X-13/AA-13 "Axehead"). Ce modèle ne fut construit qu'en un prototype et quelques machines de pré-production, et son développement fut interrompu faute de moyens.

Une autre version fut le MiG-31B, qui fut le deuxième lot de production, une variante mise en service à partir de 1990, dotée d'une avionique plus performante (radar Zaslon-A), et d'une perche de ravitaillement. Le MiG-31D, construit en un très petit nombre d'exemplaires en 1987, fut une version spécialisée, destinée à lutter contre des satellites. Ce modèle était équipé de winglets permettant d'améliorer la stabilité, et emportait un unique missile de grande taille Wympel accroché sous le fuselage et guidé par un radar spécial. Le MiG-31E était une version destinée à l'exportation, dotée d'une avionique simplifiée, et ayant des capacités améliorées de coopération avec d'autres appareils, mais il ne fut finalement pas mis en production en série.

La version MiG-31BM fut construite à la suite de l'impossibilité pour l'armée de l'air russe, d'acheter des MiG-31M. Une cinquantaine de MiG-31B existants furent alors modifiés et améliorés en modèle MiG-31BM. Les modifications portaient sur les équipements et l'habitacle (nouveaux écrans, affichage tête haute, ordinateur Baget 55-06 plus puissant que l'ancien Argon K). Cette variante dont le contrat de modernisation fut passé en 2011, était une version multi-rôles pouvant emporter des missiles air-air, mais aussi des armes air-sol, anti-radar, et anti-navire.

Le MiG-31BSM fut une version améliorée dérivée du MiG-31BS, un intercepteur tout temps équipé d'une perche de ravitaillement, initialement désigné MiG-31-01DZ, converti plus tard en MiG-31B standard et renommé. Cette modernisation dont le contrat fut passé en 2014, porta sur une soixantaine d'exemplaires, et fut assez proche à celle appliquée pour le MiG-31BM. Les modifications furent l'amélioration des verrières avec le montage d'un pare-brise plus solide, le montage d'un ordinateur plus puissant, l'adoption d'écrans multifonctions plats, et l'adoption d'un nouveau équipement de navigation. Une petite différence visible entre le modèle -BS et le -BSM, fut un petit rétroviseur monté au-dessus du premier poste de pilotage. Cette variante remplit les mêmes types de missions que MiG-31BM.

La production du MiG-31, terminée en 1994, atteignit plus de 500 exemplaires. La fabrication du premier large lot de production fut effectuée entre 1976 et 1988, un second lot portant sur une centaine de MiG-31-01DZ fut construit de 1989 à 1991. Cet appareil fut employé en U.R.S.S. et plus tard au Kazakhstan, et ne fut pas exporté.



* Une antenne radar classique est en général formée d'une plaque percée de multiples fentes par lesquelles rayonne l'onde radar. On dirige le faisceau en faisant pivoter l'antenne. Un radar à balayage électronique est fixe, on insère derrière chaque élément rayonnant de l'antenne un déphaseur. Du coup, les différentes parties de l'antenne n'émettent plus strictement le même signal (dans le cas simple d'une sinusoïde, celle-ci se retrouve en avance ou en retard par rapport à celles émises par les autres éléments de l'antenne). Les ondes déphasées interfèrent et se détruisent, les ondes en phase s'additionnent le long d'un étroit faisceau. Pour changer la direction du faisceau, il suffit de modifier les déphasages, ce qui se fait à la vitesse de commutation de l'électronique (de l'ordre de la microseconde). Un temps très court suffit donc pour passer d'une cible à une autre, puis revenir surveiller une autre partie du ciel. Le radar RBE-2 Thales du Rafale utilisait aussi ce principe.

Sources partielles : site web Wikipedia, Fighters of the 20th Century - Jim Winchester (ISBN 1-84037-388-1), et Airlife's World Aircraft - Rod Simpson (ISBN 1-84037-115-3).

MiG-31              
Moteurs(s)/Engine(s)   2 réacteurs de 9525 kgp (15420 kgp avec réchauffe) Soloviev D-30F-6                                  
Envergure/Span 13,46 m    Longueur/Length 22,62 m    Hauteur/Height 6,46 m     Poids total/Weight 46.200 kg      
Vitesse/Speed 3000 km/h à 21500 m Plafond/Ceiling 25.000 m   Autonomie/Range 3.000 km       


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