Farman-F.221          

Farman F.223

juin 1937 Farman-F.230

Vue d'un Farman 2234 (origine : Gallica - Les Ailes, novembre 1939) Vue de l'appareil de transport civil Farman 2234 (N.C. 2234 n° 1) Camille Flammarion, immatriculation F-AJQM, de la compagnie Air France. Nicolas Camille Flammarion (1842-1925), était un astronome français.

Le Farman F.223 Bn.5 (bombardier de nuit à cinq places) fut étudié en 1936 comme remplaçant du Farman F.222. Cependant, à la demande du ministère de l'Air, le bombardier lourd fut transformé en Avion Long courrier Transatlantique, ceci dans le but de montrer la puissance française face aux concurrents étrangers sur les lignes de l'Atlantique Nord ou Sud. Le Farman F.223 disposait en effet d'une autonomie remarquable en remplaçant les bombes par des réservoirs supplémentaires.

L'appareil devenu F.223.1, d'allure encore ancienne, présentait cependant de nombreuses améliorations par rapport au F.222. Son fuselage, toujours rectangulaire, était beaucoup plus fin et plus long que son prédécesseur. Les ailes étaient plus courtes et effilées et étaient reliées au fuselage par des mâts dorénavant profilés. Il disposait de volets de courbure particulièrement efficaces, ainsi il pouvait se poser à 60 km/h. Les moteurs étaient alors quatre Hispano-Suiza 12Xirs/Xjrs de 720 ch montés en tandem par paires, dans des nacelles suspendues. L'appareil effectua son premier vol en juin 1937, et participa ensuite à la course Istres-Damas-Paris dont le départ fut donné le 20 août 1937. Cette compétition était disputée sur une distance qui pouvait être comparée à celle d'un vol transatlantique, et les concurrents pouvait envisager un vol sans escale entre Istres et Damas (environ 2.920 km à l'aller et environ 3.270 km au retour). Malgré sa grande autonomie qui lui permit de ne pas ravitailler, l'avion français fut battu largement par les rapides trimoteurs militaires italiens Savoia-Marchetti S.M.79, qui remportèrent les trois premières places, l'avion gagnant étant piloté par le lieutenant-colonel Ranieri Cupini et le lieutenant-colonel Amadeo Paradisile (deuxième et troisième, respectivement, Fiori et Biseo). Seuls neuf avions terminèrent l'épreuve, Paul Codos avec Maurice Arnoux et Louis Agnus (radio-navigant) obtinrent la cinquième position avec un bimoteur Breguet Fulgur, mais le Farman 223.1, piloté par Guillaumet (avec Louis Lanata, Le Duff, et Vautier) termina dernier de l'épreuve. La différence de vitesse moyenne était très importante puisqu'elle fut d'environ 350 km/h pour le vainqueur et seulement d'un peu moins de 150 km/h pour le dernier.

Après quelques tentatives de record, l'appareil fut livré à la compagnie Air France le 13 novembre avec pour nom de baptême Chef-Pilote Laurent Guerrero. Piloté par Paul Codos, avec Reine, Gimié, et Vauthier, il battit de nombreux records et effectua, fin novembre 1937, une liaison de Paris (Le Bourget) à Buenos-Aires en moins de 53 heures, pulvérisant le précédent record de seize heures. Le quadrimoteur poursuivit son trajet jusqu'à Santiago du Chili, atteint après un parcours d'une durée totale d'environ 58 heures et 45 minutes. Il fut équipé, pour essais, d'une pseudo cabine pressurisée, mais sans grand succès. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, Le F.223.1 fut remilitarisé par l'ajout d'équipement radio modernes et d'un camouflage. Début novembre 1939, il fut détruit au décollage alors qu'il devait être utilisé par l'Aéronautique Navale pour traquer les navires corsaires allemands.

Un deuxième appareil prototype fut achevé fin 1937 et désigné F.223-01. Conçu comme un bombardier, il effectua son premier vol le 18 Janvier 1938. Similaire au F.223.1, il était cependant motorisé par deux Hispano-Suiza 14 Aa 08/09 en étoile de 1.100 ch, et reçut un armement défensif. Lors de ses essais au CEMA (Centre d'Essais du Matériel Aérien), ses moteurs en étoile furent remplacés par des Hispano 12Y-29 à refroidissement liquide. L'appareil fut répertorié N.C. 233-01, un marché fut lancé pour la livraison de huit N.C. 233 et le premier appareil de série fit son premier vol fin 1939. Cependant le N.C. 233 ne fut mis en service en unité, au GB I/15 (Groupe de Bombardement), qu'en mai 1940, le retard étant imputable à la livraison tardive des canons HS-404 de calibre 20 mm. L'armement de ce modèle comprenait une mitrailleuse MAC 34 de calibre 7,5 mm dans le nez, et deux tourelles défensives, portant chacune deux canons Hispano de 20 mm, l'une dorsale, et l'autre ventrale. Ces tourelles, modèle SAMM type 109, étaient motorisées, ce qui constituait une nouveauté comme équipement pour un bombardier. La charge de bombes, en soute interne, atteignait environ 9.240 livres (4.190 kg). L'autonomie était d'environ 1.490 miles (2.400 km). Les N.C. 233 ne furent quasiment pas utilisés en opérations et furent transférés en Afrique du Nord en juin 1940. En juillet, après l'Armistice, certains exemplaires (n° 2/8/9/10) furent cédés à Air France. Durant l'invasion de la Syrie (alors contrôlée par le Régime de Vichy) en 1941 (opération Exporter), un certain nombre de N.C. 223 furent utilisés pour transporter des équipements en Syrie, vie la Grèce et l'Italie. Les autres appareils en Afrique du Nord furent récupérés ultérieurement par les F.A.F.L. (Force Aériennes Françaises Libres).

Autre version, le Farman 2230 était né d'une commande d'Air France pour trois appareils destinés à des essais en altitude sur l'Atlantique Nord. Ils différaient du F.223.1 notamment par la suppression des réservoirs d'ailes, un avant plus fuselé, des dérives agrandies. et étaient équipés d'une cabine de repos pressurisée, ainsi que d'un pilote automatique. La motorisation comprenait quatre Hispano-Suiza 12 Xirs/Xjrs de 720 ch. Le n° 1 fit son premier vol le 28 avril 1938. Les appareils furent redésignés N.C. 2234 lorsqu'ils adoptèrent les nouveaux Hispano 12Y 38/39 de 970 ch. Ainsi motorisé, le premier effectua son vol inaugural le 15 mars 1939. Le N.C. 234-01 fut baptisé Camille Flammarion, le N.C. 234 n° 2 Le Verrier et le N.C. 234-02 Jules Verne.

A la déclaration de la guerre, le N.C. 234-01 fut affecté à l'Aéronautique, mais ne participa pas au combat et finit sa carrière sur le terrain de Beyrouth en 1941 après un mauvais atterrissage. Le N.C. 234 n° 02 fut lui aussi affecté à l'Aéronautique Navale, et fut transformé en bombardier fin avril et début mai 1940. Il participa ensuite à des missions de bombardement sur Maastricht et sur la gare d'Aix la Chapelle. Pour ces missions nocturnes, l'appareil fut peint en noir mat et il devint célèbre par le bombardement de Berlin au début du mois de juin 1940. En août 1940, après l'Armistice, les trois Farman furent transférés à Marignane pour être cédés à Air France. Bloqué par la commission d'Armistice, le Jules Verne fut abandonné sur le terrain et incendié en novembre 1942. Le Le Verrier fut abattu par un chasseur inconnu au-dessus de la Méditerranée fin novembre 1940, et s'écrasa en mer avec tout son équipage.

Finalement, la production du Farman F.223 ne fut que d'une petite vingtaine d'exemplaires, un modèle initial F.233.1, quinze bombardiers de production, et trois exemplaires de la variante civile N.C. 2234. Après la nationalisation des constructeurs de matériel de guerre d'août 1936, les activités des sociétés Farman, Hanriot, et Loire-Nieuport avaient été fusionnées dans une nouvelle entité, désignée S.N.C.A.C. (Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Centre). Cette société était aussi appelée Nord-Centre, radical du nouveau préfixe de désignation des avions, ou encore Aérocentre. Jugée d'une taille insuffisante, la S.N.C.A.C. fut intégrée dans la S.N.C.A.N. (Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Nord), en juin 1949.


Liste des quadrimoteurs civils Farman 2234 (N.C. 2234) :
Type Numéro de série Immatriculation Nom Remarques
N.C. 2234 1 F-AJQM Camille Flammarion Perdu en janvier 1941 à Beyrouth, Liban, à la suite d'un atterrissage raté. Cet appareil avait effectué en octobre 1939, une liaison de Paris (Le Bourget) à Rio de Janeiro au Brésil, en passant par Dakar et Natal. Ce vol longue durée accompli à une vitesse modérée avait pour objet, l'étude d'une cabine étanche permettant à l'équipage de voler à environ 7.500 m, avec des pointes à 9.000 m, sans les masques à oxygène. L'équipage pour ce vol comprenait Henri Guillaumet, Paul Codos, Paul Comet et Jacques Néri. L'avion put maintenir une moyenne de 270 km/h, pendant les douze heures de traversée de l'Atlantique Sud.
N.C. 2234 2 F-AROA Le Verrier Pris fin novembre 1940, lors d'un vol entre Marseille et Beyrouth, dans une bataille aéronavale entre Italiens et Britanniques, et mitraillé par erreur. Avion perdu, ainsi que les fameux pilotes qui le pilotaient, Henri Guillaumet et Marcel Reine. Urbain Le Verrier (1811-1877), était un astronome et mathématicien français, spécialisé en mécanique céleste, découvreur de la planète Neptune et fondateur de la météorologie moderne française.
N.C. 2234 3 F-ARIN Jules Verne Surnommé "le Corsaire", cet avion fut le premier appareil à effectuer une mission de bombardement sur Berlin, début juin 1940. Après la reddition de la France, l'appareil fut entreposé au fond du terrain de Marignane, et fut finalement incendié par une main anonyme, en novembre 1942. Jules Verne (1828-1905), était un écrivain français dont l'oeuvre fut, pour la plus grande partie, constituée de romans d'aventures évoquant les progrès scientifiques du 19e siècle.

Le document d'origine de ce texte a été aimablement fourni par le site Armée de l'Air Française 1939-1940 (octobre 2020).

FARMAN F.223        
Moteurs(s)/Engine(s)   4 moteurs à pistons de 910 ch               Hispano-Suiza 12 Y-29                             
Envergure/Span 33,40 m    Longueur/Length 21,90 m    Hauteur/Height 5,05 m     Poids total/Weight 19.175 kg      
Vitesse/Speed 350 km/h à 4000 m Plafond/Ceiling 7.950 m    Autonomie/Range 2.400 km       


Retour à la page d'accueil Retour page d'accueil/return to the home page Retour à la page aviation Retour partie aviation/return to the airplane part IndexTable des matièresAvions civilsAvions civils