S.p.c.a.-81                     

S.P.C.A. 90

décembre 1932 Saab-18

Vue d'un S.P.C.A. 80 (origine : Gallica - Aviation magazine, avril 1969) Vue d'un monoplan trimoteur S.P.C.A. 90, immatriculation F-AKFJ.

Le cadre étroit du programme des trimoteurs coloniaux de 1930, fut sans cesse modifié dans les détails. Il engendra pour cette catégorie d'avions, des modèles quasiment similaires. Les exigences de la spécification, étaient une puissance de 1.000 ch répartie sur trois moteurs, la possibilité de voler à 2.000 m sur seulement deux propulseurs, une aile haute assurant une bonne visibilité vers le bas, et une construction métallique, à la suite de l'absence de bâtiments de protection dans les colonies. Tous comme les monomoteurs de type colonial, les trimoteurs de ce même type devaient pouvoir remplir plusieurs missions, assez dissemblables les unes des autres. Tous les constructeurs répondant à la spécification, à l'exception de Weymann, avec son biplan bipoutre type 66 (CTW-66), présentèrent des monoplans à aile haute et train classique fixe, dotés de moteurs radiaux à refroidissement par air, moins lourds et plus robustes que ceux à refroidissement liquide. L'état français subventionna les études de treize avions destinés au ministère des Colonies, pour un total de plus de 36 millions de francs répartis sur neuf marchés. Parmi ces prototypes, les études du S.P.C.A. 90 (modèle IX) furent financées à hauteur d'environ 2.795 millions de francs.

Ce trimoteur conçu par l'ingénieur Redon, était une version de plus grande taille du monomoteur type 80. Indépendamment de ses missions strictement coloniales, cet avion pouvait être utilisé comme transporteur de troupes, d'une capacité de quatorze hommes d'armes avec leur équipement, ou encore, en version exclusivement sanitaire, de six blessés couchés, et quatre assis. Cette machine bien dessinée, fut classée première au concours et reçut un maximum de primes pour son développement.

Le premier vol du S.P.C.A. 90 fut effectué début décembre 1932, à Istres, Bouches-du-Rhône. L'appareil possédait de bonnes qualités de vol et restait stable, commandes au neutre, à tous les régimes. Il fut immatriculé F-AKFJ, puis fut convoyé jusqu'à la base de Vélizy-Villacoublay, banlieue de Paris, fin avril 1933. Il fut reçu par le Service Technique de l'Aéronautique (STAé) du gouvernement français, pour les essais, au début du mois de mai suivant, puis fut transféré au GAN (Groupe des Avions Nouveaux), pour la suite des tests. Les moteurs radiaux de l'avion furent dotés d'anneaux Townend afin de réduire la trainée, et en septembre 1933, une nouvelle série d'essais fut commencée, avec aux commandes, les pilotes officiels Barrucand et Bogard. Aussi, à la fin de l'année 1933, l'avion fut muni de freins d'hélices Messier destinés à être employés en cas de panne d'un moteur.

En janvier 1934, lors d'un vol d'essai avec le lieutenant Jacques Lecarme aux commandes, accompagné de l'ingénieur-adjoint Dufour et du metteur au point Martin, l'appareil fut victime d'une rupture des supports du moteur, côté droit. L'ensemble pivota autour de son axe vertical, et l'hélice vint se positionner vers l'arrière, en détruisant plusieurs cadres du fuselage. Toutes les personnes à bord quittèrent l'avion, à l'exception du pilote qui parvint à ramener l'appareil au sol. La rupture du bâti du moteur aurait pu entraîner une rupture de l'aile, puis la perte de la machine, mais la structure en caisson du plan montra sa robustesse. Cet incident apporta la preuve de la solidité de la construction due à l'ingénieur Redon. Les supports des propulseurs furent renforcés et une nouvelle gouverne de direction, compensée (par un volet de type Flettner), fut montée, et les tests du S.P.C.A. 90 furent repris fin avril 1934, au CEMA (Centre d'Essais du Matériel Aérien, un organisme succédant au STAé et au GAN), avant le rangement dans un hangar. Finalement, ce trimoteur réussi ne fut pas commandé pour une production en série, comme d'ailleurs tous les autres modèles de type colonial. Il fut un temps employé comme appareil d'emploi général à Vélizy-Villacoublay, puis fut réformé.

Parmi les constructeurs d'appareils trimoteurs de type colonial, on trouvait Bernard (Bernard 160/161), Bloch (Bloch MB-71), Dewoitine (Dewoitine D-430), Lorraine-Hanriot (Lorraine-Hanriot LH-70), Nieuport-Delage (Nieuport-Delage NiD-590), Potez (Potez 400/402), Romano (Romano R-6/R-60,) et la S.P.C.A. Le programme des avions coloniaux, qui fut une gabegie financière et fut à l'origine d'un scandale à l'époque, fut arrêté net en septembre 1934 par les dirigeants de l'armée de l'air française.


Plans d'un S.P.C.A. 90 (origine : Gallica - Aviation magazine, avril 1969) Plans d'un monoplan trimoteur S.P.C.A. 90.

Source partielle : Gallica, Aviation magazine, avril 1969.

S.P.C.A. 90         
Moteurs(s)/Engine(s)   3 moteurs à pistons de 350 ch               Gnome-Rhône 7Kd                             
Envergure/Span 22,35 m    Longueur/Length 15,63 m    Hauteur/Height 5,03 m     Poids total/Weight 5.250 kg       
Vitesse/Speed 250 km/h             Plafond/Ceiling 6.500 m    Autonomie/Range 1.200 km       


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