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Latécoère 298

année 1936 Latecoere-300 'croix-du-sud'

Vue d'un Latécoère 298 (photo : La Royale - Jean Randier) Vue d'un hydravion de reconnaissance ou porteur de torpille Latécoère 298.

L'hydravion à flotteurs porteur de torpille, bombardier, et appareil de reconnaissance de 2/4 places Latécoère 298 était comme son aspect quelque peu utilitaire le suggère, un avion de fabrication robuste, étant d'une construction entièrement métallique, sauf pour les surfaces de contrôle qui étaient entoilées. Il connut quelques brefs moments de gloire durant la première partie de la Deuxième Guerre mondiale, mais il était à ce moment déjà obsolète, ayant été conçu dans les années 1934-1935. Le premier vol du prototype Laté 298-01 fut effectué début mai 1936, et l'avion fut ensuite envoyé à Saint-Raphaël le mois de septembre suivant, afin d'effectuer les essais officiels de la marine française. A l'issue des tests, une commande pour environ quarante exemplaires de production globalement identiques au prototype, fut passée en 1937. Le moteur de cette dernière machine était un Hispano-Suiza 12 Ycrs de 880 ch, équipé d'un canon de 20 mm monté entre les rangées de cylindres et tirant à travers le moyeu de l'hélice, mais cette option ne fut pas retenue pour le modèle de production, et cette arme fut remplacée par une mitrailleuse Darne de calibre 7,5 mm montée dans chacune des ailes, une mitrailleuse orientable défensive de même type étant installée dans le poste arrière du cockpit.

Le premier appareil de production, un 298A, vola pour la première fois fin octobre 1938. Environ 25 exemplaires du premier lot de fabrication furent construits pour un service à partir de bases terrestres. Ces hydravions avaient des panneaux externes d'aile fixes et furent désignés Laté 298A. Ils furent mis en service dans les Escadrilles T1 à Berre, en Méditerranée, et T2 à Cherbourg, en Manche, à la fin de l'année 1938. Les douze machines restantes furent livrées pour opérer dans les Escadrilles HB1 et HB2 à bord du porte-hydravions Commandant Teste, et reçurent la désignation Laté 298B. Ces appareils avaient les extrémités des ailes repliables et les éléments de queue modifiés, des volets en deux sections, recevaient une double commande, et leur équipage était formé de quatre personnes. Tous ces modèles étaient équipés pour emporter une torpille semi-encastrée, Type 1926 DA sous le fuselage, et pouvaient aussi transporter pour d'autres types de missions, une bombe de 1.100 livres (500 kg), deux de 330 livres (150 kg) ou 110 livres (50 kg), un réservoir de carburant supplémentaire, des fusées ou des bombes fumigènes de marquage.

Quinze Laté 298B supplémentaires furent commandés en avril 1938, ainsi que cinq 298D (le modèle 298C étant resté au stade de projet). Le 298D était globalement identique au 298B, mais n'était pas doté des ailes repliables. Après le début de la Deuxième Guerre mondiale, deux escadrilles supplémentaires dotées du Laté 298 furent formées, la T3 à Berre, à la mi-septembre 1939, et la T4 sur la côte française en Méditerranée, à la mi-janvier 1940. Pendant ce temps, des ordres d'achat avaient été passés pour 90 Laté 298D additionnels, et un total d'environ 70 types A, B, et D, avaient alors été livrés. En mars 1940, Latécoère commença, suivant une demande de la marine française, la conversion de la 80e machine de production (un Laté 298D) en un prototype d'hydravion d'observation et de patrouille côtière, désigné 298E. Les modifications comprenaient un cockpit plus long, la suppression des supports de la torpille et des bombes, et une large gondole ventrale contenant le poste de l'observateur était installée sous le fuselage, à cet endroit. Cette variante ne fut finalement pas produite, car il fut constaté durant les essais, que les fenêtres d'observation devenaient vite inutilisables, après avoir été couvertes par les embruns d'eau salée reçus lors du décollage.

Dans tous les cas, ce développement aurait été rattrapé par l'avance allemande en France en mai 1940, et à ce moment, environ soixante Laté 298 étaient opérationnels, dix dans chacune des six unités équipées de cet hydravion. A cause de nécessités opérationnelles, les escadrilles furent toutes impliquées dans des missions de bombardement en piqué ou d'attaque au sol, lors des efforts français menés avec détermination, pour résister à l'avance ennemie, et grâce largement à leur construction robuste, ces hydravions purent obtenir un certain succès lors de ces missions. Les livraisons furent poursuivies, de nouvelles escadrilles furent dotées de ces appareils, et à la mi-août 1940, 75 Laté 298 faisaient partie de la force, distribuée sur huit unités. Quatre d'entre elles furent démantelées après la défaite française et l'armistice (juin 1940), mais deux nouvelles furent constituées par le Régime de Vichy, et en mars 1942, la reprise de la fabrication fut autorisée, avec une commande liée de trente Laté 298F, une version légèrement simplifiée du 298D. Après le ralliement d'unités françaises basées en Afrique du Nord, une escadrille (2S) opéra plus tard dans le Coastal Command de la Royal Air Force, afin de mener des actions contre des sous-marins et une seconde unité alliée, 3S, fut formée en avril 1945. Les deux formations furent dissoutes en 1946, et le Laté 298 fut alors utilisé pour la formation, avant son retrait en 1950-1951. Au total la production du réussi Laté 298 atteignit environ 120 exemplaires. Le Latécoère 299 fut une variante dérivée du Late 298. Cet avion triplace à train d'atterrissage classique destiné aux missions de reconnaissance, bombardement et attaque à la torpille, effectua son vol inaugural en juillet 1939, mais en resta finalement au stade du prototype.


Vue d'un Latécoère 298A (origine : Flying Boats and Seaplanes since 1910 - Kenneth Munson) Vue et plan d'un Latécoère 298A de l'Escadrille T3 de l'Aéronavale (Boulogne, fin automne 1939).
Plan d'un Latécoère 298A (origine : Flying Boats and Seaplanes since 1910 - Kenneth Munson)


Source partielle : Flying Boats and Seaplanes since 1910 - Kenneth Munson.
LATE 298A           
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 880 ch                Hispano-Suiza 12 Ycrs 1                           
Envergure/Span 15,50 m    Longueur/Length 12,56 m    Hauteur/Height 5,14 m     Poids total/Weight 4.600 kg       
Vitesse/Speed 290 km/h à 2000 m Plafond/Ceiling 6.500 m    Autonomie/Range 800 km         


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