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Mauboussin M.123

décembre 1937 Max holste-Mh-1521 broussard

Vue d'un Mauboussin M.123 (origine : Gallica - Aviation magazine, août 1967) Vue d'un petit avion biplace d'entraînement Mauboussin M.123.

Les Etablissements Fouga et Cie furent créés début décembre 1919 sous la forme d'une société anonyme ayant son siège social à Béziers, plaine Saint-Pierre, dans l'Hérault. Cette société prit la suite des ateliers de la Compagnie du Midi, et son activité principale fut la réparation des locomotives à vapeur, des voitures (voyageurs, voitures-lit, voitures restaurant) et des wagons de marchandises de cette dernière compagnie ferroviaire, ainsi que la réparation du matériel des chemins de fer de l'Hérault et de celui de clients particuliers. L'ingénieur de la Compagnie du Midi, Gaston Fouga (1882-1944), fut avec deux autres ingénieurs, à l'origine de cette création. La compagnie se développa rapidement, acquit des terrains pour ses multiples activités, ateliers de réparation de wagons, de voitures, et de locomotives, parc à locomotives avec fosses, atelier de montage, autres ateliers (grosse chaudronnerie, essais de freins, soudure autogène, essais de moteurs, roues, suspensions), et usine de compression d'air. La société était alors capable d'offrir une grande palette de services favorisée par l'organisation des diverses branches d'activité placées sous une unique direction, et assez rapidement, le nombre total du personnel (cadres, employés, ouvriers) atteignit environs 1.500 personnes.

Dès l'été de l'année 1935, les dirigeants de la compagnie Fouga décidèrent d'adjoindre à leur activités un département aviation. Une entreprise aéronautique en difficulté situé à Aire-sur-Adour, dans les Landes, fut rachetée, et ses locaux devinrent le site du département avions de Fouga. Les ateliers furent d'abord spécialisés dans le travail du bois, et eurent comme activité, en particulier, la réparation et la production de différents types de planeurs. En 1936, fut acquise la licence exclusive des diverses réalisations de la société Mauboussin (Pierre Mauboussin, 1900-1984), mais le bureau d'études de cette dernière organisation conservait son indépendance. Afin de faciliter et d'activer la sortie des avions construits par Fouga, Mauboussin mit au point une technique nouvelle de construction, en remplaçant des pièces faites en acier soudé par des éléments équivalents en alliage léger fondu (alliage d'aluminium ou de magnésium). Cette technique fut appliquée pour la première fois sur le type M.123.

Un premier modèle fut le M.40 "Hémiptère" (une classe d'insectes), dont le prototype (F-AOYZ) vola pour la première fois, avec le pilote Pierre Brévier aux commandes, fin avril 1936. De dimensions restreintes, ce monoplan monoplace à train d'atterrissage classique fixe, avait la particularité d'avoir une aile basse à l'avant, et une aile surélevée portant deux plans verticaux, à l'arrière. Cet appareil conçu pour être très sûr, était d'un faible prix d'achat, très économique à l'usage, mais cependant très évolué. En effet, il était doté d'amortisseurs oléopneumatiques sur les jambes du train principal, de freins de roues différentiels, et de volets à fente. Pour commander la montée, les ailerons de l'aile avant étaient abaissés, et simultanément ceux de l'arrière étaient braqués dans l'autre sens. En descente, les commandes étaient inversées, et de cet agencement des ailerons, il résultait un hypersustentation de la voilure lors des atterrissages. Pour le déplacement latéral, les ailerons fonctionnaient par paires, avec un mouvement dans le même sens, alors qu'ils étaient animés d'un mouvement inverse pour la profondeur. Ces éléments de contrôle étaient complétés par deux gouvernes de direction commandées au pied, qui pouvaient également faire office de frein aérodynamique, en étant développés simultanément vers l'extérieur.

Les premiers essais du M.40 confirmèrent les tests effectués en soufflerie, c'est-à-dire une grande stabilité, aussi bien horizontale que latérale (départ en vrille quasiment impossible, grâce à la grande surface de l'élément de queue qui permettait de garder le contrôle de l'appareil). Un certificat de navigation provisoire fut obtenu fin 1936, le modèle fut immatriculé et présenté au Salon de l'Aviation de Paris tenu en novembre de la même année. Malheureusement cet avion ne trouva pas auprès des utilisateurs prévus, l'accueil escompté, la machine étant assez inhabituelle. Une version hydravion sans queue de l'Hémiptère, à moteur propulsif, fut envisagée, et fit l'objet d'essais en soufflerie, mais faute de clients potentiels, ce modèle ne fut pas construit.

L'année 1936 fut celle de la réorganisation et de la nationalisation de l'industrie aéronautique, mais la compagnie Fouga ne fut pas touchée par ces changements. Cette année fut aussi celle de la création du programme nommé Aviation populaire (Front populaire, avril 1936-avril 1938), qui avait pour objectif l'initiation au pilotage afin de découvrir parmi les élèves, ceux possédant les qualités indispensables pour une carrière de pilote militaire. Dans ce cadre, Pierre Mauboussin conçut une machine permettant d'évoluer au sol, mais incapable de voler. Ce type d'engin existait déjà du temps de la Première Guerre mondiale, mais était en général un avion standard dont on avait rogné les ailes. Le "Rouleur" de Mauboussin était un avion spécialement conçu, qui fut aussi présenté au Salon de 1936, avec un M.120/34 (type Corsaire à moteur radial Salmson, immatriculé F-ANGH), et un M.112. Cet appareil avait une aile basse d'une faible surface, un moteur deux cylindres à plat Aubier-Dunne de 17 ch, un train classique formé de deux roues principales et d'un patin de queue. Ce train d'atterrissage était complété d'une unique roue placée dans l'axe, à l'avant, et lorsque l'avion prenait de la vitesse, il reposait en équilibre instable sur cette unique roue, ce qui permettait au pilote d'effectuer des manoeuvres ressemblant à celles d'un vol réel. Ainsi, l'avion pouvait être utilisé pour le maniement au sol, et à partir d'une vitesse de 50 km/h, l'élève-pilote pouvait commencer à ressentir l'effet des commandes, comme pour un vol réel. En fin de formation, le pilote pouvait passer aux évolutions circulaires, et avec l'aide d'un tremplin approprié, effectuer des sauts en longueur frisant le vol effectif. Afin de favoriser sa diffusion, le constructeur pouvait fournir une documentation complète permettant aux groupements aéronautiques et aux aéro-clubs de construire l'appareil. Finalement, un seul exemplaire de cet avion fut fabriqué à Aire-sur-Adour, et un petit nombre de ces machines furent réalisées par des aéro-clubs.

A partir de l'année 1937, les Etablissements Fouga, commencèrent à produire en série, un dérivé du M.120, le M.123 Corsaire (une désignation commune avec celle du M.120/34 et celle du M.120/37 projeté). Cet avion biplace d'entrainement et d'école effectua son vol inaugural en décembre 1937. Ce monoplan à aile basse de construction en bois et revêtement entoilé, avait été conçu pour être fabriqué en série, et afin de simplifier sa construction, des pièces en acier soudé avaient été remplacées par des éléments fondus en métal léger. Egalement, afin de répondre aux servitudes du programme de l'Aviation populaire, l'entretien de l'appareil avait été simplifié (meilleure accessibilité aux organes du moteur, circuits d'alimentation en carburant et systèmes de graissage épurés). La cellule avait été renforcée afin de correspondre à la classification semi-acrobatique, et les éléments de structure étaient facilement interchangeables, afin de faciliter les réparations. Les caractéristiques aérodynamiques de l'appareil ainsi que ses performances et son comportement en vol avaient été améliorés, et ses commandes simplifiées. Ainsi, les ailerons ne servaient plus qu'au contrôle latéral, et n'étaient plus employés comme volets de courbure braqués simultanément. Le moteur était un radial Salmson de 60 ch. La fabrication du M.123 atteignit une soixantaine d'exemplaires. A noter, la restauration du Mauboussin 123C (ex 123/48), cn 189, Corsaire, immatriculé F-PJKQ (ex F-BCIT), par les membres de l'association MAPICA (Musée Aéronautique Presqu'Ile Côte d'Amour), à la Baule, Loire-Atlantique. Cet avion dont le moteur initial Minié avait rendu l'âme en 1958, avait été doté d'un moteur quatre cylndres à plat Continental de 65 ch.


Liste d'avions Mauboussin des années 1930 :
Modèle Surface nette de voilure Poids à vide Charge utile, carburant Charge utile, disponible Puisance moteur Vitesse à 75% de la puissance, à 1.000 tr/min Vitesse à l'atterrissage Autonomie Caractéristiques
M.123 13,60 m2 360 kg 65 kg 170 kg 60 ch 135 km/h 70 km/h 4 h 45 min
M.160 Vanneau 15,36 m2 350 kg 50 kg 170 kg 60 ch 140 km/h 60 km/h 4 h 30 min Biplace d'école (entraînement au brevet du premier degré), équipé d'un moteur quatre cylindres inversé Régnier de trois litres de cylindrée, fournissant environ 65 ch. Capacité semi-acrobatique. Cockpit fermé avec deux sièges placés côte à côte, train d'atterrissage classique fixe avec jambes du train principal dotées d'amortisseurs à sandow. Volets de courbure à fente, conjugués avec la commande de profondeur.
M.190 Busard 15,35 m2 390 kg 70 kg 200 kg 90 ch 170 km/h 60 km/h 4 h Biplace de tourisme et d'entraînement (brevet du second degré), équipé d'un moteur quatre cylindres inversé Régnier de quatre litres de cylindrée, fournissant 90-95 ch à 2.300 tr/min. Capacité semi-acrobatique. Fuselage globalement identique à celui d'un M.160, mais avec des aménagements différents, et voilure amincie. Train d'atterrissage classique fixe avec jambes du train principal carénées et dotées d'amortisseurs oléopneumatiques. Volets de courbure à fente.
M.190 H 15,35 m2 430 kg 70 kg 200 kg 90 ch 160 km/h 70 km/h 4 h Version hydravion du M.190 équipée de deux flotteurs à la place du train d'atterrissage principal.
M.200 6,54 m2 330 kg 165 kg 80 kg 155 ch 340 km/h 90 km/h 3 h 25 min Avion de course d'une surface de voilure réduite. Moteur inversé Régnier de quatre litres de cylindrée, fournissant 115-130 ch (155-180 ch avec un compresseur volumétrique). Train d'atterrissage classique fixe, avec des carénages de roues rabattables (deux volets qui se refermaient en vol autour de chacune des roues, afin de rétablir la continuité du carénage de chaque demi-train).

- En complément, vue des plans d'un monoplan Mauboussin M.123. Document Gallica, Aviation magazine, août 1967.

Source partielle : Gallica, Aviation magazine, août 1967.

M.123               
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 60 ch                 Salmson 9Adr                                      
Envergure/Span 11,75 m    Longueur/Length 6,80 m     Hauteur/Height            Poids total/Weight 610 kg         
Vitesse/Speed 160 km/h             Plafond/Ceiling 4.000 m    Autonomie/Range 650 km         


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