Sukhoi-Su-24 fencer                    

Sukhoi Su-25 Frogfoot

février 1975 Sukhoi-Su-26

Vue d'un Sukhoi Su-25 (photo : Dmitriy Pichugin) Vue d'un avion d'appui aérien des forces terrestres, de la force aérienne russe, Sukhoi Su-25 (code OTAN "Frogfoot"). Immatriculation 86 rouge, Lipetsk, Russie, septembre 2009.

Le Sukhoi Su-25 fut développé pendant la fin des années 1960, comme un avion à réaction d'attaque au sol utilisant les systèmes d'armes fiables et essayés sur le Su-17M2. Le prototype désigné T8-1 qui vola pour la première fois fin février 1975, était équipé de réacteurs RD-9 et d'un canon d'essai GSh-23 monté sous le nez. Les prototypes qui suivirent furent équipés de propulseurs R-95Sh (une version sans réchauffe du R-13-300 monté sur le MiG-21), d'un canon à deux tubes AO-17 de calibre 30 mm, et d'un système d'armes amélioré issu du Su-17M3.

La version de production Su-25 "Frogfoot-A", fut équipée d'entrées d'air des moteurs plus larges, et d'un blindage plus étendu autour du poste de pilotage et des systèmes critiques. L'évaluation en conditions de combat réelles en Afghanistan, mena au montage de lance-leurres électromagnétiques et infrarouges (ASO-2V), et à l'installation d'un réducteur des émissions infrarouges sur les échappements des réacteurs. A partie de 1987, le moteur MNPK-Soyouz Tumansky R-195 fut présenté, et installé sur tous les modèles biplaces, ainsi que sur une cinquantaine de Su-25BM, prévus pour un rôle double, attaque et remorquage de cibles.

La production de la version monoplace du Su-25 s'acheva en 1989, après la livraison de 330 exemplaires, en incluant la variante export Su-25K (Komercheskiy), fournie à l'Angola, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, l'Irak, et la Corée du Nord. Egalement, le Pérou récupéra un certain nombre de Su-25, probablement de seconde main, et l'Iran captura plusieurs avions irakiens de ce type ayant fait défection, durant la guerre du Golfe (première guerre d'Irak), en 1990-1991. Suivant les essais en service actif du prototype T-8, le Su-25 fut plus vu en action en Afghanistan à partir de 1982, jusqu'en 1989. Il reçut dans ce pays le surnom "Grach" ("rook", en français, freux, corbeau). Cet appareil d'attaque au sol effectua pendant ces opération, plus de 60.000 sorties, durant lesquelles seulement une vingtaine de ces machines furent abattues, dont quelques-unes par des F-16 pakistanais.

Le Su-25UB "Frogfoot-B", fut une version entraînement, dont le fuselage rallongé contenant deux cockpits étagés montés en tandem, était équipé d'un plan vertical de queue plus grand. La version export identique, fut référencée Su-25UBK. Le Su-25UT (Uchebno-Trenirovochnyy, plus tard Su-28), fut une version sans armement, ni systèmes associés, prévue pour l'entraînement des pilotes, et le Su-25UTG (Uchebno-Trenirovochnyy Gakom), fut une version biplace embarquée, dotée d'une crosse d'appontage et d'un train d'atterrissage renforcé, destinée à la formation dans la marine russe. Le Su-25T (Tankovy) et le Su-25TM (deuxième génération du précédent, brièvement référencé Su-34), furent des variantes monoplaces modernisées basées sur la cellule du biplace Su-25UB, employant le cockpit arrière pour loger des équipements d'avionique et des réservoirs de carburant. Afin de lui permettre d'évoluer pleinement de nuit, l'appareil fut équipé d'une nouvelle avionique, de nouveaux équipements et détecteurs, comprenant le montage possible d'une nacelle portant un radar ou des systèmes LLLTV (Low light level television) et FLIR (caméra thermique fonctionnant dans l'infrarouge).

Il est possible qu'une petite dizaine de Su-25T aient été construits pour le compte de la Frontal Aviation (ou aviation tactique, une branche de la force aérienne d'un pays, dédiée au combat général et à l'appui des forces terrestres), plus une poignée fabriqués comme Su-25TM. La version export, Su-25TK ou Su-39 Strike Shield fut aussi proposée à l'émirat d'Abou Dabi et à la Bulgarie. En avril 2001, la compagnie israélienne Elbit et la société géorgienne TAM présentèrent une mise à niveau désignée Su-25 Skorpion, comprenant un cockpit modernisé avec deux écrans multifonctions (MFD), un afficheur tête haute (HUD, head up display), et un système d'armes et un système de navigation modernisés.

Le Su-25 était doté d'un canon en partie basse, à l'avant, mais pouvait aussi emporter un grand nombre d'armes accrochées sous les ailes, sur dix pylônes au total. Les rails internes servaient au montage de réservoirs supplémentaires et de toutes les armes d'attaque possibles (bombes, missiles air-sol, roquettes), tandis que les supports extérieurs étaient normalement employés pour les missiles défensifs air-air, comme le R-60 (AA-8 "Aphid"), ou le Vympel K-13 (AA-2 "Atoll"). La charge de bombes totale atteignait au maximum 9.700 livres (4.400 kg) pour un Su-25K. La production du Su-25 dépassa au total, le millier d'exemplaires. Cet appareil fut utilisé en Union Soviétique, puis en Russie, également dans de nombreux pays faisant partie du pacte de Varsovie ou alliés (Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bulgarie, Géorgie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, et Ukraine), en Afrique (Congo-Kinshasa, Ethiopie, Guinée Equatoriale, Niger, Soudan, Tchad), en Irak et en Iran, en Corée du Nord, et au Pérou. Cet avion fiable et solide, peu cher et très efficace, fut encore employé en 2008, lors d'opérations contre la Géorgie.


Source partielle : Bombers of the 20th Century - Jim Winchester (ISBN 1-8403-7386-5).

Su-25K              
Moteurs(s)/Engine(s)   2 réacteurs de 4500 kgp                     Tumansky R-195                                    
Envergure/Span 14,36 m    Longueur/Length 15,53 m    Hauteur/Height 4,80 m     Poids total/Weight 17.600 kg      
Vitesse/Speed 975 km/h à 0 m Plafond/Ceiling 7.000 m    Autonomie/Range 1.950 km       


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